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jeudi 11 janvier 2018

SAUVETAGE À SAINT-LÉGER

Tout d'abord, nous présentons nos vœux les plus chaleureux à vous tous, lecteurs et lectrices de ce blog, et aux fidèles de l'AMEJDAM, pour que votre année soit douce et sereine ! 

Nous vous invitons également à assister à l'Assemblée Générale de notre association, qui aura lieu le mercredi 24 janvier, à 17 heures, dans les locaux du FSJU-Passerelles, 2 Place Wilson à Nice. Votre présence est importante, ne manquez pas ce moment essentiel de la vie de l'AMEJDAM. 



Et, pour commencer l'année, nous rendons (brièvement) compte ici de notre dernière émission de radio – sur RCN 89.3. Nous vous rappelons qu'elles sont toutes disponibles en podcast (pendant deux ans) sur le site de la radio. L'émission s'appelle "Au nom des enfants". Pour les retrouver, suivez ce lien

Cette émission a repris un témoignage qui m'avait été confié il y a quelques années par Marie-José Blondé, née Douhet, une amie et collègue, concernant sa maman, et le village de Saint-Léger, au temps de l'occupation.  

Yvonne Douhet, avant guerre, dans son bureau.
Elle était la secrétaire de direction d'un avocat niçois. 

Yvonne Douhet, avait raconté à sa fille, Marie-José, comment elle s'était opposée, quasi-physiquement, à l'accès par un petit groupe d'Allemands au village de Saint-Léger, où la population entière hébergeait une trentaine de clandestins, juifs et résistants. 

L'accès à ce village provençal ne se fait que par une seule route en lacets, très étroite, après le franchissement d'un pont sur le Var. Les occupants allemands hésitaient à l'emprunter, de peur de se retrouver coincés par les résistants, sans possibilité de rebrousser chemin. 

Pourtant ils le firent. Une fois. 
Yvonne Douhet, qui descendait vers Puget-Théniers dans un petit car municipal le fit arrêter et en sortit, lorsqu'elle vit monter une voiture ennemie. 

Décidée à ne pas les laisser monter au village, où ils auraient arrêté et/ou fusillé les habitants (dont sa petite fille) et leurs protégés, elle se mit en travers de la route, fit signe à la voiture de s'arrêter, puis parlementa avec les soldats, faisant preuve d'un sang-froid et d'une intelligence remarquables. Les trois Allemands n'insistèrent pas. Ils firent demi-tour, et on ne les revit plus.  
Yvonne avait sauvé son village, mais n'en parla à personne, seulement à sa famille, et au médecin juif qu'elle hébergeait : le docteur Karassik. 

On trouvera tous les détails, illustrés, de cette histoire remarquable sur mon blog personnel – en notant qu'à l'origine celle-ci avait été publiée sur le site sefarad.org, tenu alors par le regretté Moïse Rahmani. Il vous suffit de suivre ce lien. 

Le petit village de Saint-Léger a, bien entendu, été honoré, mais peut-être pas autant qu'il le mérite, lorsqu'on sait la protection que les réfugiés y ont trouvée, et le désintéressement de ses habitants. 

Sans eux, sans elle, nous aurions peut-être été amenés à poser une plaque au nom d'une jolie petite fille qui y vécut avec son papa, grand reporter avant-guerre pour le magazine "Réalités" : Thérèse Kitrosser. Heureusement, cela n'a pas été le cas. 


Marie-Thérèse Kitrosser et Marie-José Douhet (à droite)

Certaines histoires se terminent bien : il nous a plu de commencer l'année en rappelant l'une d'entre elles, et la fierté que Marie-José éprouva toute sa vie pour sa mère. 


Marie-José Blondé, née Douhet

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Texte et mise en page : Cathie Fidler
NB : Les fantaisies typographiques de ce blog, au look un peu différent, sont à mettre au compte de Mr Google, qui ne nous obéit pas toujours !  









mardi 12 décembre 2017

L'ORDRE DU JOUR ET LA DISPARITION DE JOSEF MENGELE

Cette semaine, l’émission de l’AMEJDAM, Au Nom des Enfants, a été consacrée à deux prix littéraires qui sont en quelque sorte des « marqueurs » d’Histoire.


L’ordre du jour, Actes Sud, 2017





Le prix Goncourt a été attribué à Eric Vuillard pour L’ordre du jour, publié chez Actes Sud. C’est un court récit de 165 pages. Ce n’est pas un roman, c’est un récit habillé comme un roman.

Deux moments clefs ponctuent ce récit. Tout d’abord la réunion de 24 patrons allemands le 20 février 1933 où, reçus par Göring et Hitler, ils sont fortement encouragés à financer la campagne du parti nazi aux élections législatives. On connaît la suite, Hitler deviendra Chancelier.

Le texte d’Éric Vuillard décrit la scène en ouverture du récit – les mots sont autant d’instantanés photographiques :

Ils étaient vingt-quatre, près des arbres morts de la rive, vingt-quatre pardessus noirs, marron ou cognac, vingt-quatre costumes trois pièces, et le même nombre de pantalons à pinces avec un large ourlet. Les ombres pénétrèrent le grand vestibule du palais du président de l’Assemblée ; mais bientôt, il n’y aura plus d’Assemblée, il n’y aura plus de président, et, dans quelques années, il n’y aura même plus de Parlement, seulement un amas de décombres fumants.

mardi 5 décembre 2017

ALAIN KLEINMANN ET LE LIVRE




© Somogy éditions d'Art


Alain Kleinmann est considéré comme le peintre de la mémoire, comme un passeur d’images. Son œuvre restitue le passé d’un peuple décimé à partir de collages d’images et d’objets.

Il a exposé dans plus de 40 musées dans le monde (Centre Pompidou à Paris, Musée Léonard de Vinci à Milan, Kunsthalle à Berlin, New York Coliseum, Palais des Beaux-Arts à Bruxelles, Musée National des Beaux-Arts à La Havane, Magnes Museum à Berkeley, Musée Tretiakov d’Art Contemporain à Moscou, Tokyo Bunkamara, Musée de l’Académie des Beaux-Arts de Chine à Pékin, …).
Une trentaine de livres et de monographies a été publiée sur son travail.

Il vient d’être nommé Chevalier de la Légion d’honneur pour l’ensemble de son œuvre.

Alain Kleinmann nous a accordé un entretien exclusif qui a été diffusé dans le cadre de notre émission, Au Nom des Enfants, sur RCN 89.3 FM. En voici de larges extraits:




© Alain Kleinmann, DR. 

La place du livre

Avant de m’intéresser aux objets, dont les livres, je trouvais que la dimension la plus touchante de ce qui est représentable, c’est évidemment l’être humain, son regard, son attitude. Bien que les matériaux soient abstraits, ma peinture peut être qualifiée de figurative et je me suis aperçu qu’un certain nombre d’objets, assez rares, à vrai dire, portent aussi une sorte de charge émotionnelle, de vie propre. Il en va ainsi des livres… il y a l’histoire qui est racontée de l’intérieur, il y a l’histoire de celui qui l’a écrit, de celui qui le lit et enfin, l’objet en tant que tel. Il se dégage une sorte d’émotion très puissante au même titre que celle générée par un regard humain. Il y a aussi d’autres objets, comme les valises, les clefs, les serrures. Mais enfin, il n’y en a pas tant que ça.

jeudi 2 novembre 2017

MOSHE FELDENKRAIS, PIONNIER DU JUDO EN FRANCE


Le 31 octobre dernier, l’émission de l'AMEJDAM, , Au Nom des enfants, était consacrée au judo et en particulier à celui qui a introduit le judo en France, Moshe Feldenkrais. 

Jigoro Kano (1830 -1938)



Image empruntée ici

Jigoro Kano est le fondateur du ju-do, dérivé du Ju-Jitsu ou Voie de la souplesse. En 1882, il a posé les principes fondateurs de cette nouvelle discipline qui permet de vaincre la force grâce à la souplesse.

Par « souplesse», il faut comprendre « non-résistance » ou « adaptation ». Le principe est de ne pas résister à la force de l’adversaire, mais, bien au contraire, de profiter de sa force pour le déséquilibrer et le faire chuter.

Le judo commence à être enseigné au Japon en 1882 au Kodokan, le temple du judo à Tokyo.


mercredi 18 octobre 2017

L'AMEJDAM EST AU C.U.M. LE 26 OCTOBRE 2017

ATTENTION ! 
MODIFICATION DE DERNIÈRE MINUTE. LA POSE DE PLAQUE AURA LIEU À 11:30. L'ALLOCUTION "NICE, THÉÂTRE ET SAUVETAGE" PRÉVUE EN FIN DE MATINÉE EST DONC REPORTÉE À 14:00. 



mercredi 11 octobre 2017

NOTRE POSE DE PLAQUE À GOLFE-JUAN - LE 6 OCTOBRE 2017



C'est le travail essentiel de l'AMEJDAM que de poser des plaques dans les Alpes-Maritimes à la mémoire des enfants juifs qui y ont vécu avant leur déportation.

Habituellement nous plaçons ces plaques sur la façade d'une école, celle que ces enfants avaient fréquenté avant d'être arrêtés. 

Dans le cas de Golfe-Juan, cela n'a pas été possible, car l'école dont nous avions trouvé la trace n'en était pas vraiment une. En effet, ce "Centre École de Céramique" était hébergé par ce qui s'appelait, à l'époque du gouvernement de Vichy, un "Camp Moissons Nouvelles" (au singulier ou au pluriel selon les cas...). Ce centre pour jeunes travailleurs était  logé dans une grande villa entourée d'un jardin. Située Route d'Antibes, elle était nommée "Villa les Palmiers". 

Cette maison a été démolie depuis. Le lieu de mémoire n'existe plus, et personne n'avait plus la moindre idée  concernant l'existence de ce camp de jeunesse. Nous avons cherché, et encore cherché, sans succès. 

C'est la raison pour laquelle il a été décidé de poser cette plaque mémorielle près d'un jardin d'enfants, et du monument aux morts – à un endroit libre qui semblait l'attendre – et ce, grâce au soutien inconditionnel de Mme Michelle Salucki, Maire de Vallauris Golfe-Juan. 





Tous les détails de ces recherches et de leur aboutissement figureront dans les discours qui suivent, que nous publions dans leur intégralité. 

Mais auparavant, quelques mots sur ce qui a précédé la cérémonie.

vendredi 22 septembre 2017

LES ARCHIVES DU PROCÈS BARBIE


Un homme "banal"




Klaus Barbie dans sa cellule à Montluc, 1983 
Crédits : Archives départementales du Rhône
Image empruntée ici

L'homme est âgé, le front dégarni, les traits tirés, les épaules tombantes. Toutefois, de son regard jaillit une intensité malfaisante et maléfique. Il regarde droit devant lui en direction de l’objectif. Il semble fragile, banal. L’homme n’a pourtant rien de banal. La photo a été prise le 9 janvier 1983. L’homme mesure 1m 70, il s’appelle Klaus Barbie



Cet homme nous regarde et il est impossible de lire dans ses pensées. Il incarne le mystère de la "banalité du mal".

Trente ans après la fin du procès Barbie, les archives judiciaires du dossier de celui que l’on appelait le « boucher de Lyon » sont désormais accessibles au grand public. Les ministres de la Justice et de la Culture l’ont annoncé officiellement le 3 juillet 2017.

Premier procès pour crime contre l'humanité en France


Klaus Barbie lors de son procès pour crimes contre l'humanité le 11 mai 1987 
© Getty / Francis Apesteguy
Image empruntée ici

Klaus Barbie a été jugé par la cour d'assises du Rhône, à Lyon, du 11 mai au 4 juillet 1987. C'est à Lyon qu'il a sévi, qu'il a torturé, qu'il a signé des arrêts de mort avec un zèle sadique.