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mercredi 4 juillet 2018

PRÉ-POSE DE PLAQUE À L'ÉCOLE DES BAUMETTES 2, À NICE.

Une cérémonie inhabituelle s'est déroulée ce 2 juillet à l'École des Baumettes 2 à Nice : une "pré-pose de plaque", officieuse, mais parfaitement organisée par les enfants et les enseignantes de cette école primaire de Nice. 



Un peu d'histoire pour commencer, grâce aux détails fournis par notre amie Danielle Cherqui, qui en fut longtemps la directrice, et qui a  également contribué à la réussite de cet événement : 

Cela fait longtemps que nous voulons honorer la mémoire des six enfants qui y ont été élèves avant leur déportation en 1943. Nous avons épluché les listes de Serge Klarsfeld, comme d'habitude, re-vérifié les registres de l'école, sans (heureusement) y trouver d'autres noms de victimes. 

Cette école est la plus ancienne des deux écoles des Baumettes. Avant la guerre, dans les années 30, ce beau bâtiment était un "asile", où étaient hébergés des malades mentaux, des vieillards ou des nécessiteux. Plus tard, il devint une école de filles, puisque les écoles ne sont devenues mixtes que bien après la guerre. 


Elle accueillait, bien entendu, les enfants du quartier, et ceux des familles réfugiées en centre-ville pendant les années noires dont la langue maternelle n'était pas toujours le français. 

C'est toujours le cas, puisque de nombreuses familles du quartier viennent d'horizons très divers. Cet hommage à des enfants juifs persécutés en raison de leur "différence" y a donc du sens. 

Au cours des mois passés, des membres de notre association sont intervenus auprès des enfants, notamment Michèle Merowka et Roger Wolman afin, pour ce dernier, de partager avec eux son expérience douloureuse d'enfant caché. Deux des enfants dont le nom figurera sur la plaque ont en effet été ensuite arrêtés, puis déportés de la Maison d'Izieu, où leurs parents les pensaient en sécurité. Roger Wolman   fut lui-même un enfant d'Izieu, sorti par chance de ce lieu avant la rafle. 



Ces plaques en céramique gravées du nom
des jeunes déportés, ont été réalisées par les enfants
de l'école des Baumettes 2

La cérémonie du 2 juillet n'avait rien d'officiel, malgré la présence amicale de Madame Martine Ouaknine, qui représentait Monsieur le Maire. En effet, aucune date n'ayant pu être fixée par le service du protocole pour une pose de plaque cette année, et afin de ne pas nier le travail impressionnant des enfants de l'école et de leurs enseignantes, nous, à l'AMEJDAM, avons décidé de les écouter, devant la maquette de la plaque. 


Ils avaient préparé des chansons, car il y a une chorale à l'école, qui se réunit chaque vendredi matin. Nous avons du reste admiré les compétences pédagogiques de Mme Gauthier, leur enseignante, qui les a fait chanter pendant la longue attente qui a précédé l'arrivée de la représentante de l'Académie (il manque décidément un parking dans le quartier !) et noté la patience de ces enfants,  sagement assis par terre, ou gardés debout pendant si longtemps. 


Leurs chansons, la lecture par les enfants du texte qui figurera sur la plaque, les discours successifs, si pédagogiques, de Mme la Directrice – Mme Baldit –, de Michèle Merowka (Présidente de l'AMEJDAM), de Mme Ouaknine ont tous eu pour but de remercier les enfants de leur travail de mémoire, de leur rappeler leur futur rôle de citoyens, la nécessité d'apprendre à vivre dans la tolérance. Leur choix d'interpréter tour à tour l'Hymne à la Joie (en partie en allemand), La Marseillaise (la main droite sur le cœur) et Nissa la Bella nous a particulièrement touchés !


Très pertinente aussi, cette adaptation 
de la "Chanson pour l'Auvergnat"
de Georges Brassens

Quand on y réfléchit, c'est très triste pour les enfants de côtoyer chaque jour cette empreinte de la mémoire. Cela pourrait être même une source d'angoisse, de crainte. Toutefois, le superbe travail, si approfondi, effectué par les professeurs de cette école (et de tant d'autres) permet une prise de distance, qui mènera – nous le souhaitons, et le croyons –  à une réflexion ultérieure sur la nécessité du respect de l'Autre. 


La cérémonie s'est terminée vers midi, avec le pot de l'amitié, et la promesse de se retrouver sur place d'ici la fin de l'année pour une pose et un dévoilement officiels de ces plaques. D'autres enfants y seront associés, faisant de l'École des Baumettes 2 un cas très particulier dans l'histoire de l'AMEJDAM !



* * * * * * 




Photos © Jacques Lefebvre-Linetzky
Texte et mise en page : Cathie Fidler






lundi 25 juin 2018

HOMMAGE À JACQUES ROZENSZTROCH




Le billet de cette semaine est consacré à notre ami Jacques Rozensztroch, qui vient de disparaître. Vous pourrez lire ci-dessous la transcription de l'essentiel de ce que nous avons dit lors de notre émission de mardi dernier. Celle-ci a été plus intime que d'autres, en raison des liens qui nous unissent à la famille Rozensztroch, dont nous partageons la tristesse. Jacques Lefebvre-Linetzky, Michèle Merowka et Cathie Fidler étaient ensemble à RCN pour honorer sa mémoire. 


JacquesNous avons appris hier, lundi, le décès de notre ami Jacques Rozensztroch, bien connu des Vençois en particulier pour ses recherches, car celles-ci ont abouti au monument érigé dans la commune en mémoire des Juifs qui y ont été arrêtés, et déportés. 

Cathie : C’est une émotion double qui m’a saisie, car depuis quelques jours nous pensions, comme chaque semaine, au sujet que nous allions aborder dans notre émission. Jacques et Michèle pensaient que je devrais tout de même parler du livre (Daniel au Pays de la déco – éditions  Ovadia) que je viens de publier sur Daniel Rozensztroch, le frère cadet de Jacques. Et moi, j’ai pensé que ce serait bien d’associer les deux frères dans la même émission, et nous avons donc commencé à prendre quelques notes sur l'immense travail de recherches effectué par Jacques Rozensztroch.

mercredi 6 juin 2018

VLADIMIR JANKÉLÉVITCH, UN PHILOSOPHE ENGAGÉ


Image empruntée ici

Sa voix, tantôt claire, tantôt altérée, tantôt railleuse, vibre infiniment dans le souvenir de ceux qui l’ont connu et parviendra, peut-être, au cœur des nouveaux venus.  

Françoise Schwab





Il avait un regard de braise et une longue mèche de cheveux blancs ; il aimait la musique et la philosophie ; ses étudiants à la Sorbonne, l’appelaient Janké. Il était clair, concis,  profondément humain. L’écouter, c’était devenir un peu moins bête, un peu plus intelligent. Il s’agit, vous l’avez sûrement deviné, de Vladimir Jankélévitch avec deux accents aigus. Né en 1903, il est mort en 1985.


Image empruntée ici

Quelques repères biographiques

mercredi 23 mai 2018

JOLI MOIS DE MAI




Image empruntée ici


Nice en 1968


C’était il y a 50 ans, il y a si longtemps, pas si longtemps que cela, en fait.  C’était presque l’été à Nice. Il y avait des manifs dans les rues et des AG dans les amphithéâtres de la Faculté des Lettres tout nouvellement installée boulevard Carlone. La ville frémissait sous le soleil et recevait les vibrations des « événements » qui se déroulaient dans la capitale. Le pays s’était mis entre parenthèses, l’économie était en apnée et le vieux général semblait avoir perdu la main. On découvrait des mots nouveaux, des slogans fleurissaient dans cette glorieuse « chienlit ». L’essence manquait à Nice, comme ailleurs, et des petits malins se rendaient en Italie pour faire le plein, les poubelles n’étaient plus ramassées et des amas d’ordures s’accumulaient au coin des rues.  La Poste ne fonctionnait plus. Le manque de courrier était très perturbant dans un pays où le téléphone n’était pas installé dans tous les foyers. Même la télévision s’était mise à l’unisson et l'écran noir habillait nos nuits blanches. Bref, ça ne tournait pas rond du tout et quand ça ne tourne pas rond, on appelle ça une révolution… J'oubliais... pendant ce temps-là les Shadoks pompaient...

vendredi 4 mai 2018

CÉRÉMONIES DE LA JOURNÉE DE LA DÉPORTATION : L'AMEJDAM Y ÉTAIT.

L'AMEJDAM était à Cannes, dimanche dernier, pour se souvenir des déportés. 


Quelques photos, confiées par notre trésorier, Serge Binsztok, sur lesquelles il figure en compagnie d'autres membres de l'AMEJDAM, et des officiels. 



 Roger Wolman (à gauche) et Serge Binsztok encadrent 
les jeunes participants à la cérémonie



Photos © Roger Kramer


Notre présidente, Michèle Merowka, 
entre Élise Binsztok et Roger Wolman, 
(AMEJDAM)
confère avec M. David Lisnard, le maire de Cannes. 
Photo © Serge Binsztok



vendredi 13 avril 2018

NICE CÉLÈBRE LES 70 ANS DE LA CRÉATION DE L'ÉTAT D'ISRAËL

L'AMEJDAM Y SERA, bien sûr. Cherchez et trouvez notre stand, pour des échanges intéressants et fructueux avec des membres de notre association !


Rendez-vous, donc, au Palais des Congrès et des Expositions ACROPOLIS, le dimanche 22 avril. 

NOUS PRÉCISONS L'ADRESSE, qui ne figure pas sur cette affiche, pour nos amis et amies non-niçois. En cliquant ci-dessous vous accèderez à Google maps



1, Esplanade John Fitzgerald Kennedy
Nice

À TRÈS BIENTÔT, donc.







jeudi 22 mars 2018

MARGUERITE DURAS, ROBERT ANTELME et EMMANUEL FINKIEL


Un film, un roman – Emmanuel Finkiel adapte 
La douleur, de Marguerite Duras


Au début de cette année, un film superbe a envahi nos écrans, La douleur, d’Emmanuel Finkiel, adapté du roman de Marguerite Duras. Le film est interprété par Mélanie Thierry, Benoît Magimel et Benjamin Biolay. 
Emmanuel Finkiel est un réalisateur très talentueux à la filmographie tendre et âpre. Il a travaillé avec Krysztof Kieslowski pour la série – Trois couleurs, Bleu, Blanc, Rouge – 1993/94. Il s’est fait remarquer par un délicieux court-métrage, Madame Jacques sur la Croisette (1996). Un autre court-métrage, Voyages, l’installe comme un réalisateur à l’écriture très personnelle. Il enchaîne les courts-métrages et puis réalise des longs métrages : Nulle part, terre promise (2009); Je ne suis pas un salaud (2016) et La douleur (2017). 


Marguerite Duras (1914-1996)
Image empruntée ici

La douleur est une œuvre de jeunesse de Marguerite Duras. En juin 1944, Paris vit encore sous l’Occupation, la jeune romancière raconte dans son journal intime l'attente angoissée du retour de son mari, Robert Antelme. Elle dit également ce qu’elle est prête à faire pour qu’il revienne. Elle est même tentée de séduire un agent français de la Gestapo. Le texte de Duras est un monologue intérieur d'une simplicité tranchante comme la lame d'un couteau.



Emmanuel Finkiel
Image empruntée ici