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mercredi 11 octobre 2017

NOTRE POSE DE PLAQUE À GOLFE-JUAN - LE 6 OCTOBRE 2017



C'est le travail essentiel de l'AMEJDAM que de poser des plaques dans les Alpes-Maritimes à la mémoire des enfants juifs qui y ont vécu avant leur déportation.

Habituellement nous plaçons ces plaques sur la façade d'une école, celle que ces enfants avaient fréquenté avant d'être arrêtés. 

Dans le cas de Golfe-Juan, cela n'a pas été possible, car l'école dont nous avions trouvé la trace n'en était pas vraiment une. En effet, ce "Centre École de Céramique" était hébergé par ce qui s'appelait, à l'époque du gouvernement de Vichy, un "Camp Moissons Nouvelles" (au singulier ou au pluriel selon les cas...). Ce centre pour jeunes travailleurs était  logé dans une grande villa entourée d'un jardin. Située Route d'Antibes, elle était nommée "Villa les Palmiers". 

Cette maison a été démolie depuis. Le lieu de mémoire n'existe plus, et personne n'avait plus la moindre idée  concernant l'existence de ce camp de jeunesse. Nous avons cherché, et encore cherché, sans succès. 

C'est la raison pour laquelle il a été décidé de poser cette plaque mémorielle près d'un jardin d'enfants, et du monument aux morts – à un endroit libre qui semblait l'attendre – et ce, grâce au soutien inconditionnel de Mme Michelle Salucki, Maire de Vallauris Golfe-Juan. 





Tous les détails de ces recherches et de leur aboutissement figureront dans les discours qui suivent, que nous publions dans leur intégralité. 

Mais auparavant, quelques mots sur ce qui a précédé la cérémonie.

vendredi 22 septembre 2017

LES ARCHIVES DU PROCÈS BARBIE


Un homme "banal"




Klaus Barbie dans sa cellule à Montluc, 1983 
Crédits : Archives départementales du Rhône
Image empruntée ici

L'homme est âgé, le front dégarni, les traits tirés, les épaules tombantes. Toutefois, de son regard jaillit une intensité malfaisante et maléfique. Il regarde droit devant lui en direction de l’objectif. Il semble fragile, banal. L’homme n’a pourtant rien de banal. La photo a été prise le 9 janvier 1983. L’homme mesure 1m 70, il s’appelle Klaus Barbie



Cet homme nous regarde et il est impossible de lire dans ses pensées. Il incarne le mystère de la "banalité du mal".

Trente ans après la fin du procès Barbie, les archives judiciaires du dossier de celui que l’on appelait le « boucher de Lyon » sont désormais accessibles au grand public. Les ministres de la Justice et de la Culture l’ont annoncé officiellement le 3 juillet 2017.

Premier procès pour crime contre l'humanité en France


Klaus Barbie lors de son procès pour crimes contre l'humanité le 11 mai 1987 
© Getty / Francis Apesteguy
Image empruntée ici

Klaus Barbie a été jugé par la cour d'assises du Rhône, à Lyon, du 11 mai au 4 juillet 1987. C'est à Lyon qu'il a sévi, qu'il a torturé, qu'il a signé des arrêts de mort avec un zèle sadique.

mercredi 7 juin 2017

LES LETTRES DE LOUISE PIKOVSKY



Des bouteilles à la mer…




Bidon de lait utilisé par le groupe Oyneg Shabbos
Image empruntée ici

Il y a quelque chose de profondément émouvant à trouver par hasard des lettres dont on ne soupçonnait même pas l’existence. Ce sont des messages venus d’un lointain passé qui, tout à coup, deviennent d’une actualité fébrile. Ces lettres sont des voix qui reprennent vie, des bouteilles à la mer. En 1946, dix boites métalliques contenant des milliers de documents ont été découvertes dans les ruines de Varsovie. Deux bidons de lait ont été déterrés dans la cave d’une maison en 1950. La vie quotidienne du ghetto de Varsovie était cachée là dans toute sa misère. L'historien Emmanuel Ringelblum et les membres de son groupe, Oyneg Shabbos, ont collecté toute sorte de documents qui nous permettent aujourd'hui de saisir la "réalité" de la vie dans le ghetto de Varsovie. 

Remonter le fil du temps



Image empruntée ici

C’est grâce à Khalida Hatchy, professeure-documentaliste au lycée Jean de La Fontaine, que les lettres de Louise Pikovsky sont remontées du passé et de l’oubli.

dimanche 28 mai 2017

SAINT-ALBAN-SUR-LIMAGNOLE, UN HÔPITAL PSYCHIATRIQUE À LA POINTE DE TOUS LES COMBATS



Saint-Alban-sur-Limagnole, Image empruntée ici

C’est un petit village en Haute-Lozère situé non loin de Mende. Il connut un destin tout à fait exceptionnel durant la Seconde Guerre mondiale en raison de son hôpital psychiatrique. Cet hôpital fut un laboratoire où de nouvelles méthodes furent expérimentées, ce fut aussi un refuge pour les Résistants et les Juifs et enfin, un lieu de foisonnement artistique.



L'hôpital psychiatrique de Saint-Alban, image empruntée ici

De nouvelles méthodes

En 1936, le psychiatre lyonnais, Paul Balvet, prend la direction de l’établissement et introduit des réformes pour traiter les malades de manière plus digne. Paul Balvet est en faveur d’une thérapeutique plus engagée à l’hôpital psychiatrique. Il veut donner plus d’autonomie aux malades et considère que l’hôpital psychiatrique doit être un espace d’échanges et d’ouverture. Il jette les fondements de l’ergothérapie qui consiste à donner aux malades un travail rémunéré. 
En 1942, il crée le Club, qui ensuite deviendra la « société du Gévaudan », dont l’objectif est d’organiser la vie des patients à l’intérieur et à l’extérieur de l’établissement. Les relations entre les patients et les soignants sont totalement transformées grâce à ces nouvelles méthodes. Cette approche novatrice deviendra la « Psychothérapie institutionnelle ». Cette révolution sera poursuivie et même amplifiée par François Tosquelles et Lucien Bonnafé, psychiatres et communistes convaincus.

samedi 20 mai 2017

BARBARA CHANTE À GÖTTINGEN

"Le chant jailli, dans un déchirement 
de la pensée inspiratrice"
Stéphane Mallarmé



Barbara en 1968 lors de l'enregistrement de l'émission télévisée, Discorama
Image empruntée ici

Barbara, une voix de cristal, des textes écorchés

Toutes les chansons de Barbara comptent et elles font vibrer nos émotions, nos souvenirs, nos joies et nos angoisses. Elle n’est plus, mais elle là, au creux de nos songes.

Ses chansons donnent vie et corps au mal de vivre, c’est presque rien et c’est beaucoup, c’est inestimable. Sa voix est unique et son style n’appartient qu’à elle.  Barbara est à la fois forte et fragile – c’est sa fragilité qui la rend forte. Elle nous effleure au plus profond. Comment vivre sans écouter Barbara ? Elle était mystérieuse et rayonnante. Elle s’est façonnée, transformée en longue dame brune. Elle aimait séduire. Dans les années 1960, on ne savait rien ou presque de sa judéité, elle ne l’affichait pas, elle était Barbara et on l’aimait.



Barbara en 1968 lors de l'enregistrement de l'émission télévisée, Discorama
Image empruntée ici

dimanche 14 mai 2017

GRANDIR EN ALLEMAGNE AU LENDEMAIN DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE


Hans-Jürgen Schönhage
© Jacques Lefebvre-Linetzky

Le 9 mai dernier, j'ai reçu Hans Jürgen Schönhage à l'antenne de RCN 89.3 dans le cadre de l'émission de l'AMEJDAM, Au nom des enfants. Nous avions convenu avec Hans de parler de son enfance et de son adolescence dans l'Allemagne de l'après-guerre. 
Hans est un personnage chaleureux et attachant qui vit à Nice depuis quelques années et qui apprend le yiddish. Il s'exprime très bien en français avec juste une pointe d'accent qui me rappelle les intonations de ce formidable acteur qu'était Curd Jürgens. 

Voici l'essentiel de notre conversation: 

Présentation liminaire


Bielefeld
Image empruntée ici

"Je suis né le 3 avril 1941. J’ai grandi dans une ville industrielle, Bielefeld, c’est entre la Ruhr et Hanovre dans le Nord-Est de l’Allemagne et, au sortir du lycée, à l'âge de 19 ans, j’ai choisi la profession de professeur d’histoire et de français. J’ai étudié le français au lycée pendant 6 ans et j’ai continué après l’obtention de mon baccalauréat en 1961 –  Au lycée, j’ai fait 6 ans de français, 7 ans d’anglais et 9 ans de latin, une formation assez classique. J’avais dans ma classe le fils de notre proviseur et nous avions donc les meilleurs professeurs. 

mardi 2 mai 2017

YOM HASHOAH 2017


Cérémonie au cimetière israélite du Château à Nice,
 le 24 avril 2017

©Jacques Lefebvre-Linetzky

Ce fut une belle cérémonie, empreinte de gravité en ces temps tourmentés. Les discours furent sobres, fermes, à l’unisson : ne pas oublier, ne pas céder devant les assauts des extrêmes, lutter contre celles et ceux qui, sans vergogne, s’ingénient à réécrire l’histoire et souillent les valeurs de notre république. 

©Jacques Lefebvre-Linetzky

Jérôme Culioli, président du CRIF Sud-Est a rappelé l’absolue nécessité de ce combat de tous les jours. Il a inscrit cette commémoration dans l’action, la mémoire ne peut se vivre, selon lui, que dans l’action. M. Philippe Pradal, maire de Nice, a prononcé un discours admirable dont chaque mot vibrait d’une profonde humanité. Ces mots n’étaient pas vains, c’étaient ceux d’un homme sincère et déterminé. Martine Ouaknine, déléguée aux affaires juridiques, a également pris la parole, de même que Daniel Wancier, président du comité Yad Vashem, Nice. Ces voix parlaient toutes la même langue au service d’une mémoire en action. Douze élus étaient présents.

Martine Ouaknine et Daniel Wancier
©Jacques Lefebvre-Linetzky

Aux discours répondirent des chants, des prières, des noms lus parfois de manière maladroite. Et puis ces voix se turent pour laisser la place à la minute de silence. C’est toujours un moment très impressionnant où le temps semble s’arrêter, où chacun entend le souffle de l’autre, où les voix des orateurs sont encore présentes à nos oreilles, où le chant des oiseaux devient soudain perceptible et glorieux. Ce silence bruit de mille sons qui résonnent dans nos consciences.

Philippe Pradal et Maurice Niddam
©Jacques Lefebvre-Linetzky