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vendredi 27 mai 2016

ESCAPADE PARISIENNE

Le « réseau Marcel » accueilli à Paris



La Mairie du 3ème arrondissement de Paris a accueilli les « Enfants et amis Abadi » le temps d’un colloque. 



Andrée Poch-Karsenti, présidente de l’Association des Enfants et Amis Abadi a introduit le colloque dont Katy Hazan était la caution historique et la modératrice. Historienne de l’O.S.E, Katy est aussi une référence dans tout ce qui concerne la Résistance juive.

Le fil conducteur de ce colloque était le réseau Marcel, créé à Nice par Moussa Abadi et Odette Rosenstock, grâce au clergé catholique, aux pasteurs, aux maisons d’accueil pour enfants et à quelques particuliers au grand cœur. 

vendredi 6 mai 2016

MILA RACINE, DE MOSCOU À MAUTHAUSEN...


 Sauver les enfants



Image empruntée ici

Mila Racine est née le 14 septembre 1919 à Moscou. Sa famille fuit l’Union Soviétique et se rend en France en 1922. En 1936, Mila obtient son certificat de fin d’études secondaires. En 1942, elle se rend dans les Pyrénées avec sa famille et elle rallie la Résistance. Elle devient assistante sociale dans les camps d’internement du sud de la France, (plus particulièrement à Gurs) où elle déploie une énergie de tous les instants et fournit aux internés des vivres, des vêtements et de couvertures. Elle prend soin des enfants et les place dans des familles d’accueil pour les sauver de la déportation.
À partir de la « Rafle du Vel’d’hiv’ », le 16 juillet 1942, la situation s’aggrave pour la population juive. En 1943, Mila Racine choisit de rejoindre une organisation juive de résistance en Haute-Savoie et devient responsable du groupe de la MJS (Mouvement de la Jeunesse Sioniste) de Saint-Gervais après un passage par Nice où elle s'est occupée de sauver des enfants.


Image empruntée ici

jeudi 21 avril 2016

HUGUETTE WAHL ET NICOLE WEIL-SALON: DESTINS CROISÉS...




Il y quinze jours, nous recevions à l’antenne de RCN, Tamar Jacobs-Loinger qui a rendu hommage à sa maman, Fanny Loinger. Tamar nous a confié que son deuxième prénom était Huguette, en souvenir d’une amie de Fanny, avec qui elle avait travaillé pendant la guerre.

Cette semaine nous allons donc prolonger notre propos en évoquant Huguette Wahl et Nicole Weil-Salon, qui ont œuvré à l’O.S.E. pour sauver des enfants, et qui ont toutes deux péri dans les chambres à gaz d’Auschwitz en refusant de quitter les petits dont elle avaient la charge.

Marseille au printemps 1940



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Les principaux centres de résidence assignée étaient l’Hôtel du Levant, l’Hôtel Bompard et le Terminus du Port. Ils étaient sous contrôle policier, et ce, dès la fin du printemps 1940. Les internés femmes et enfants étaient dans l’attente d’un visa en vue d’émigrer outre-mer. Les hommes, quant à eux, étaient internés au camp des Milles. C'est à Marseille qu'ils devaient entreprendre les démarches nécessaires qui leur permettraient de s’embarquer et de quitter la France.


Image empruntée ici

À l'Hôtel du Levant, l'O.S.E. (Œuvre de secours aux enfants) avait établi un centre d'hébergement. Une centaine d’enfants partageaient l'espace avec 80 femmes, alors que l’hôtel n’avait qu’une capacité de 50 personnes.

Initialement, le statut de toutes les femmes logées au Levant était celui d’ «étrangère libre ». Mais en septembre 1941, les hôtels Bompard et Terminus du Port étant  saturés, 50 places au Levant furent réquisitionnées pour y loger des « transitaires » qui venaient d’un camp d’internement, généralement Gurs, Rieucros ou Le Récébédou. La vie dans les hôtels était difficile, mais n’avait rien à voir avec les conditions imposées aux réfugiés emprisonnés dans des camps d'internement.
Georges Garel dans le livre le sauvetage des Enfants par l’O.S.E., s’exprime en ces termes : « les journées dramatiques les longues nuits de criblage, les départs au petit jour en wagons à bestiaux, et toujours et encore, ces cris déchirants » p. 113
Cette équipe s’employait à faire sortir les enfants du camp des Milles où étaient internés les Juifs étrangers, surtout après les rafles d’août 1942, en zone libre.
Le camp fut fermé fin 42, mais Huguette Wahl et Nicole Weil-Salon poursuivirent leur travail de sauvetage.


Image empruntée ici

dimanche 10 avril 2016

FANNY LOINGER, L'INFIRMIÈRE AU GRAND COEUR



NOTRE INVITÉE DU JOUR, TAMAR JACOBS-LOINGER


© Jacques Lefebvre-Linetzky

Le 5 avril, Tamar Jacobs-Loinger a évoqué au micro de RCN le combat de sa mère Fanny, l’une des femmes qui ont participé à la Résistance juive, ces femmes qui, par leur courage et leurs initiatives, ont contribué à sauver un grand nombre d’enfants juifs de la déportation.


FANNY LOINGER



Collection Tamar Jacobs-Loinger (DR)

Fanny Loinger est née à Strasbourg le 29 mai 1915, dans une famille de Juifs ashkénazes traditionnalistes, 4ème d’une fratrie de 7 enfants. Tous fréquentent la Hatikwa, mouvement de jeunesse sioniste.



Fanny, Emma, Amanda et Georges
Collection Tamar Jacobs-Loinger (DR)

SAUVER LES ENFANTS, LE PARCOURS D'UNE VIE

En 1936, elle part pour la Palestine, pays sous mandat britannique. Elle travaille au Kibboutz  Naan, mais se rend compte qu’elle serait plus utile si elle avait un métier. Elle retourne à Strasbourg et entreprend des études d’infirmière.
La guerre et l’annexion de l’Alsace à l’Allemagne entrainent l’évacuation de l’école vers Bordeaux où elle obtient son diplôme. Elle est alors contactée par une de ses amies, Andrée Salomon, pour venir travailler à l’OSE (Œuvre de secours aux enfants) d’abord à l’Hôtel du Levant, à Marseille, puis au camp des Milles, près d’Aix en Provence où elle est « internée volontaire ». Elle fait sortir du camp des jeunes filles et des enfants.  Après les rafles en zone Sud, les Juifs internés au camp des Milles sont envoyés à Drancy ; le dernier convoi part le 11 septembre 1942.



Collection Tamar Jacobs-Loinger (DR)
Munie de papiers au nom de Stéphanie Laugier, Fanny entre dans le Réseau Garel, à Grenoble, puis dans la région lyonnaise. Elle est responsable de la région sud /est et organise le placement des enfants juifs dans des lieux sûrs. Elle leur rend visite à bicyclette. Elle s’est occupée de plus de 400 enfants et aucun ne fut arrêté, ce fut sa plus grande récompense.

LES ENFANTS DE BUCHENWALD

Après la Libération, elle se rend au camp de Buchenwald dès son ouverture et découvre avec horreur l’état des jeunes survivants. Elle prend en charge enfants et adolescents rescapés de la Shoah, puis travaille pour le Joint et l’Agence juive où elle s’occupe de l’Alyah des jeunes. L’Alya est un mot hébreu signifiant la montée ; il désigne l’immigration vers la Terre Promise. 

PUIS VINT LE TEMPS DU SILENCE…

En 1949, Fanny rencontre Heini Nezer, un Juif allemand ayant fui le nazisme dès 1936, en émigrant en Israël. Ils se marient à Paris et elle réalise enfin son rêve sioniste en retrouvant la Terre Promise où elle met au monde ses filles jumelles, Irit et Tamar.
Et Fanny, comme la plupart de ceux qui ont agi, s’est tue…



Fanny et Charlotte Rosenbaum-Helman
Collection Tamar Jacobs-Loinger (DR)

LA RECONNAISSANCE

Le 29 septembre 2014 était inauguré le centre Fanny Loinger à Créteil.  



© Michèle Merowka

Extrait du discours de Tamar lors de l’inauguration :

« Dès notre petite enfance, Irit et moi entendions maman nous raconter ses "aventures" que nous écoutions passionnément comme des histoires à suspense.
Cela se passait dans une sorte de huis clos entre nous trois, dans une Allemagne d'après-guerre. 
Nous, deux petites Israéliennes, avons donc grandi en écoutant les récits que Maman nous faisait de ses amies et collègues du réseau Garel : le docteur Joseph Weill, Lilly et Georges Garel, Andrée Salomon, Charlotte Hellmann, Robert Epstein, Huguette Wahl dont j'ai l'honneur de porter le prénom, mon deuxième prénom, et tant d’autres héroïnes et héros de la guerre. (...)
Avec nos poupées, ma sœur et moi jouions à cacher « nos  enfants », parce que c'est ainsi que maman nous parlait des enfants dont elle avait la responsabilité. Elle retrouvait nos poupées aux endroits les plus improbables, comme dans le panier à linge, dans les boites à chaussures ou autres tiroirs secrets, toujours accompagnées de vrais aliments et de fausse monnaie. Il fallait bien que nos enfants mangent, et soient vêtus, comme les  "autres" enfants de maman, ceux dont elle avait pris soin pendant la guerre.(...)
Quelle émotion lorsque, petites filles, notre maman nous avait raconté, qu'elle avait sorti un bébé dans un panier à linge du Camp des Milles… Toute sa vie, elle a gardé le regret de ne pas avoir pu également sauver la maman. 
Quelle émotion aussi quand elle nous a raconté avoir entendu un soldat allemand et un cheminot, sur le quai de la gare de Roman, discuter d'une rafle prévue dans le monastère où elle venait de cacher un petit garçon et ses deux sœurs. Elle est immédiatement  retournée  au monastère pour récupérer ces enfants, et cela contre la volonté de la mère supérieure. Le lendemain, les nazis sont repartis furieux, sans les trois enfants ! »




Tamar et son époux, entourés de leurs filles, Chloé et Julie. 
À la droite de l'image, Yaïr, le fils de sa sœur, Irit. 
© Michèle Merowka


Tamar Jacobs-Loinger est impliquée comme bénévole à l'OSE. Elle a eu l'honneur de représenter l'OSE à Houston (Texas, USA) en 2015 lors de la conférence qui s'y est tenue à l'initiative de la World Federation of Jewish Child Survivors of the Holocaust and Descendants. 

Si vous souhaitez consulter le site en anglais, cliquez ici

L'OSE

"Association juive créée le 28 octobre 1912, l’OSE place ses actions au service des valeurs humaines fondamentales.
Reconnue pour le sauvetage héroïque de plus de 5000 enfants durant la Seconde Guerre mondiale puis l’accueil des enfants survivants des camps, l’OSE prend en charge dans les années 1960, les enfants rapatriés d’Egypte, d’Afrique du Nord et leurs familles.
En France, l’OSE est reconnue d’utilité publique en 1951. Aujourd’hui, l’OSE diversifie ses actions et se déploie.
Près d’un siècle après sa création, l’OSE réunit 650 salariés et plus de 100 bénévoles.
L’association continue d’exercer sa mission d’aide médico-sociale autour de six grands pôles : l’enfance, la santé, le handicap, le grand-âge, la mémoire et l’action internationale.
L’association développe ses actions dans le respect des valeurs humanistes juives et de la laïcité républicaine.
En 2012, l’OSE a célébré les 100 ans de sa création par des médecins juifs de Saint-Pétersbourg."

Source: site de l'OSE.

Pour consulter le site de l'OSE, cliquez ici


LES FEMMES DANS LA RÉSISTANCE

Elles sont nombreuses, et elles ont accompli un travail extraordinaire, aussi dangereux et courageux que celui des hommes. Beaucoup y ont laissé leur vie : Hanna Senesh, Huguette Wahl, Marianne Cohn, Nicole Weil-Salon et Mila Racine dont nous vous parlerons lors de nos prochaines émissions. 

Texte: Michèle Merowka
Mise en page: Jacques Lefebvre-Linetzky


*** 

POUR RAPPEL : 

HOMMAGE À DEUX DÉPORTÉS

Charles Gottlieb, est décédé le 8 mai 2015 à Nice. Jeudi 31 mars, un hommage lui était rendu à la  Synagogue de Nice, en présence de sa compagne Rebecca Maraschek, d’Annette Barbut, ancienne déportée, de Maurice Niddam, Lucien Samack et des amis de Charles. Christian Estrosi a rappelé l’amitié qui le liait à Charly, ce témoin infatigable.   


Ce même jour, Imre Kertész est décédé à Budapest. Né en 1929, déporté à Auschwitz à 15 ans, il a survécu à l'horreur des camps, puis à la terreur stalinienne. Prix Nobel de littérature en 2002 pour l’ensemble de son œuvre, entre autres : Être sans destin (1975) et Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas (1990).


vendredi 25 mars 2016

SIMONE VEIL, UNE GRANDE DAME, UN DESTIN HORS DU COMMUN…


Nous vous avons déjà présenté plusieurs membres d’honneur de notre association : Georges Loinger, Serge et Beate Klarsfeld, Charles Gottlieb, Boris Cyrulnik, aujourd’hui nous vous parlerons d’une très grande dame, Simone Veil. 



UN PARCOURS EXEMPLAIRE

Simone Jacob est née à Nice le 13 juillet 1927, elle y a grandi. Comme ses sœurs, Madeleine (Milou) et Denise, elle a été scolarisée au Lycée de jeunes filles, devenu plus tard le Lycée Calmette ; les établissements scolaires n’étant pas mixtes, son frère a été scolarisé au Lycée du Parc Impérial.
C’est aussi de Nice qu’elle a été déportée, avec sa famille. Elle a survécu à Auschwitz et à la « marche de la mort » avec l’une de ses sœurs, Milou.
Son père, sa mère et son frère ont été assassinés.  


© Centre de Documentation Juive de la Shoah - Mémorial de la Shoah


Denise, sa deuxième sœur, a été arrêtée à Lyon et déportée à Ravensbrück le 26 juillet 1944, elle est libérée en avril 1945.  
Denise n’a pas subi le traitement réservé aux internés dits "raciaux". Auréolé de la gloire des combattants, son retour de captivité s’est effectué dans des conditions très différentes.

Magistrat, secrétaire générale du conseil supérieur de la magistrature, Simone Veil entre en politique en 1974, en devenant la ministre de la Santé du gouvernement de Jacques Chirac. C’est à ce poste que, le 17 janvier 1975, elle fait voter la loi sur l’IVG, sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing.

Elle reste au gouvernement jusqu’en 1979, puis devient la première présidente du Parlement européen où elle siège entre 1979 et 1982. Nommée ministre des Affaires Sociales, de la Santé et de la Ville de 1993 à 1995,  elle est membre du Conseil constitutionnel de 1998 à 2007.
Voilà pour ce qui est de la carrière de Madame Simone Veil, la personne politique préférée des Français.


En ce qui concerne sa vie privée : elle épouse Antoine Veil, en 1946, avec qui elle a eu trois fils. Jean, en 1947, Nicolas, en 1948 (décédé en 2002), Pierre-François, en 1954. La famille fut, tout au long de sa vie, son port d'attache. En 2013, elle a eu la douleur de perdre, à un mois d’intervalle, sa sœur Denise et son mari Antoine.


UNE PAROLE DIGNE ET PRÉCIEUSE

Aujourd’hui, nous vous parlerons de la jeune Niçoise, de l’ancienne déportée, de la première présidente de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et de la grande dame qui m’a accordé un entretien, le 17 Février 1998, dans son bureau ministériel, situé près des Invalides. Je voudrais vous faire partager quelques confidences qu’elle m’a faites... 

Bien sûr, je l’ai interrogée sur sa vie de déportée, sur son silence si long après la guerre et sur sa volonté de transmettre la mémoire de l’indicible, selon le mot de Primo Levi :

Je suis née à Nice et j’y suis très attachée. J’ai le souvenir de mes classes, du jardin d’enfants à la philo, mais aussi le souvenir de la tendresse et des personnes qui nous ont aidées. C’était très important, mais chacun a son propre vécu : j’ai eu la même enfance que ma sœur, Denise ; nous sommes très proches et nous sommes liées par les souvenirs que nous avons de notre enfance ; ma sœur n’a pas été arrêtée à Nice, elle a été arrêtée dans la Résistance et elle n’habitait plus Nice, mais pendant des années, elle ne souhaitait pas y revenir alors que moi, je reste très attachée à Nice. Après la guerre et maintenant, j’ai tout le temps envie d’y aller.

J’y ai encore beaucoup de connaissances. Je suis heureuse d’y retrouver mes souvenirs d’enfance qui transcendent et dépassent cette période-là ; je recherche tous mes souvenirs et logiquement, les souvenirs heureux. Ma sœur pendant très longtemps n’a pas supporté. Ma sœur aînée, arrêtée en même temps que moi et qui est morte peu de temps après la guerre, était aussi heureuse d’y retrouver des amis.

Chacun porte en soi sa propre souffrance. C’est un sentiment forcément très personnel. Je suis très frappée par la différence de réaction sur toutes ces questions, entre ceux qui ont eux-mêmes été déportés et ceux dont la famille a été déportée ; parfois ils étaient déportés ensemble, et certains membres de ces familles ne sont pas rentrés. Je crois que nous avons une vision qui vient de nos sentiments, de ce que nous pensions sur place et cela nous amène à voir les choses très différemment. (...)

Les Justes de France pensaient avoir simplement traversé l’Histoire. En réalité, ils l’ont écrite. De toutes les voix de la guerre, leurs voix étaient celles que l’on entendait le moins, à peine un murmure, qu’il fallait souvent solliciter. Il était temps que nous les entendions. Il était temps que nous leur exprimions notre reconnaissance.

HOMMAGE AUX JUSTES DE FRANCE

Le 18 janvier 2007 au cours de la Cérémonie au Panthéon en hommage aux Justes de France, avec son ami le Président Jacques Chirac, qui fut le premier président français à reconnaître le rôle de Vichy dans la déportation des Juifs de France, elle incarne la reconnaissance de la France :

Vous tous, les Justes de France auxquels nous rendons hommage aujourd’hui, vous illustrez l’honneur de notre pays qui, grâce à vous, a retrouvé le sens de la fraternité, de la justice et du courage. Voilà plus de soixante ans, vous n’avez pas hésité à mettre en péril la sécurité de vos proches, à risquer la prison et même la déportation. Pourquoi ? Pour qui ? Pour des hommes, des femmes et des enfants que, le plus souvent, vous ne connaissiez même pas, qui ne vous étaient rien, seulement des hommes, des femmes et des enfants en danger. (...)

ACCUEILLIE SOUS LA COUPOLE


En mars 2010, elle entre à l'Académie française. Ici, avec son mari Antoine. (Reuters)

Image empruntée ici

Une dame exceptionnelle était à l’honneur et notre cœur vibrait en suivant les images de son entrée sous la Coupole… Élue à l'Académie française, le 20 novembre 2008, Simone Veil y a été reçue le 18 mars 2010.

Sur son épée d’académicienne, sont gravés les symboles de ce que fut sa vie : les flammes, le chiffre 7865, marque indélébile sur son bras, et Birkenau, le nom du camp, rappellent sa déportation.  Les devises "Liberté, Egalité, Fraternité", et "Unie dans la diversité", symbolisent son engagement politique, en France et en Europe. Le visage souriant d’une femme marque son attachement à cette cause.

Beaucoup, en France et au-delà, voudraient vous avoir, selon leur âge, pour confidente, pour amie, pour mère, peut-être pour femme de leur vie. ces rêves d'enfant, les membres de notre Compagnie les partagent à leur tour. Aussi ont-ils choisi de vous prendre à jamais comme consœur. Je baisse la voix, on pourrait nous entendre: comme l'immense majorité des Français, nous vous aimons, Madame. Soyez la bienvenue au fauteuil de Racine qui parlait si bien de l'amour. 

Jean d'Ormesson


UN LIEN FORT AVEC LA VILLE DE NICE


Dévoilement de plaques au lycée du Parc Impérial et à l’école Saint-Philippe.
16 octobre 2007


Lycée du Parc Impérial, 16 octobre 2007
Francine Monod, Simone Veil, Denise Vernay et Micheline Jacob
© Michèle Merowka

En 2007, nous avons proposé à Simone Veil et à sa sœur Denise Vernay de dévoiler une plaque sur laquelle seraient inscrits le nom de leur frère Jean, avec ceux de dix condisciples déportés. À leur demande, deux cérémonies ont été réalisées le même jour, l’une au Parc Impérial et l’autre à l’Ecole Saint-Philippe, où était scolarisé leur cousin François, le jeune frère de Francine et Micheline Jacob, déporté avec ses parents.
Les quatre cousines tenaient à être ensemble pour ce retour sur les lieux de leur enfance, au cours d’une journée lourde de souvenirs douloureux.


Simone Veil et Elie Wiesel à Nice, une rencontre mémorable.
Jeudi 7 mai 2009

Inauguration de la bibliothèque du Centre Jean Kling.
Alain Sebbah, responsable de la bibliothèque recevait Simone Veil, qui a accepté que son nom soit donné à la Bibliothèque du centre culturel juif de Nice. Cérémonie faite dans une intimité relative, mais les personnalités de toute tendance politique étaient présentes.

Ce même jour, Élie Wiesel donne son nom à la Maison du Judaïsme.
Il donne une conférence au CUM, « Leçon de vie et d’espoir » en présence de Simone Veil.




©Michèle Merowka

Citoyenne d’honneur de la ville de Nice
30 octobre 2013. 

Inauguration de l’avenue Simone Veil dans les quartiers ouest de Nice

Le 4 novembre 2013, en présence de ses fils, Pierre-François et Jean Veil, et des élèves d'une classe de troisième du collège voisin Jules-Romains.


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CONCLUSION


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Comment peut-on se sentir si proche d’une femme aussi extraordinaire, et pourtant accessible et chaleureuse ? Je me souviendrai toujours de son accueil dans le grand bureau ministériel. En quelques secondes Madame la Ministre s’est transformée, elle a quitté son impressionnant bureau pour parler de ce qui lui tenait tant à cœur : Nice, les membres de sa famille assassinés, la transmission de la Mémoire, la plaque sur laquelle est désormais inscrit le nom de son frère comme une ultime et symbolique tombe.

Merci, Madame Simone Veil, pour tout ce que vous avez fait pour les femmes, pour la mémoire des Juifs déportés, des Justes qui leur ont tendu la main, et merci de m’avoir reçue et d’avoir accepté d’ouvrir un peu votre cœur. 


Bibliographie :

Trois livres lui sont entièrement consacrés :
Maurice SZAFRAN, Simone Veil, Destin, Éditions Flammarion, 1996
Simone VEIL, Une vie, Editions Stock, 2007
Sarah BRIAND, Simone Veil, Éditions Fayard, 2015

Le Magazine Marianne lui a consacré un Hors-Série intitulé, Simone Veil, un destin français, en mars 2016.


Texte: Michèle Merowka
Mise en page: Jacques Lefebvre-Linetzky