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mercredi 23 mai 2018

JOLI MOIS DE MAI




Image empruntée ici


Nice en 1968


C’était il y a 50 ans, il y a si longtemps, pas si longtemps que cela, en fait.  C’était presque l’été à Nice. Il y avait des manifs dans les rues et des AG dans les amphithéâtres de la Faculté des Lettres tout nouvellement installée boulevard Carlone. La ville frémissait sous le soleil et recevait les vibrations des « événements » qui se déroulaient dans la capitale. Le pays s’était mis entre parenthèses, l’économie était en apnée et le vieux général semblait avoir perdu la main. On découvrait des mots nouveaux, des slogans fleurissaient dans cette glorieuse « chienlit ». L’essence manquait à Nice, comme ailleurs, et des petits malins se rendaient en Italie pour faire le plein, les poubelles n’étaient plus ramassées et des amas d’ordures s’accumulaient au coin des rues.  La Poste ne fonctionnait plus. Le manque de courrier était très perturbant dans un pays où le téléphone n’était pas installé dans tous les foyers. Même la télévision s’était mise à l’unisson et l'écran noir habillait nos nuits blanches. Bref, ça ne tournait pas rond du tout et quand ça ne tourne pas rond, on appelle ça une révolution… J'oubliais... pendant ce temps-là les Shadoks pompaient...

vendredi 4 mai 2018

CÉRÉMONIES DE LA JOURNÉE DE LA DÉPORTATION : L'AMEJDAM Y ÉTAIT.

L'AMEJDAM était à Cannes, dimanche dernier, pour se souvenir des déportés. 


Quelques photos, confiées par notre trésorier, Serge Binsztok, sur lesquelles il figure en compagnie d'autres membres de l'AMEJDAM, et des officiels. 



 Roger Wolman (à gauche) et Serge Binsztok encadrent 
les jeunes participants à la cérémonie



Photos © Roger Kramer


Notre présidente, Michèle Merowka, 
entre Élise Binsztok et Roger Wolman, 
(AMEJDAM)
confère avec M. David Lisnard, le maire de Cannes. 
Photo © Serge Binsztok



vendredi 13 avril 2018

NICE CÉLÈBRE LES 70 ANS DE LA CRÉATION DE L'ÉTAT D'ISRAËL

L'AMEJDAM Y SERA, bien sûr. Cherchez et trouvez notre stand, pour des échanges intéressants et fructueux avec des membres de notre association !


Rendez-vous, donc, au Palais des Congrès et des Expositions ACROPOLIS, le dimanche 22 avril. 

NOUS PRÉCISONS L'ADRESSE, qui ne figure pas sur cette affiche, pour nos amis et amies non-niçois. En cliquant ci-dessous vous accèderez à Google maps



1, Esplanade John Fitzgerald Kennedy
Nice

À TRÈS BIENTÔT, donc.







jeudi 22 mars 2018

MARGUERITE DURAS, ROBERT ANTELME et EMMANUEL FINKIEL


Un film, un roman – Emmanuel Finkiel adapte 
La douleur, de Marguerite Duras


Au début de cette année, un film superbe a envahi nos écrans, La douleur, d’Emmanuel Finkiel, adapté du roman de Marguerite Duras. Le film est interprété par Mélanie Thierry, Benoît Magimel et Benjamin Biolay. 
Emmanuel Finkiel est un réalisateur très talentueux à la filmographie tendre et âpre. Il a travaillé avec Krysztof Kieslowski pour la série – Trois couleurs, Bleu, Blanc, Rouge – 1993/94. Il s’est fait remarquer par un délicieux court-métrage, Madame Jacques sur la Croisette (1996). Un autre court-métrage, Voyages, l’installe comme un réalisateur à l’écriture très personnelle. Il enchaîne les courts-métrages et puis réalise des longs métrages : Nulle part, terre promise (2009); Je ne suis pas un salaud (2016) et La douleur (2017). 


Marguerite Duras (1914-1996)
Image empruntée ici

La douleur est une œuvre de jeunesse de Marguerite Duras. En juin 1944, Paris vit encore sous l’Occupation, la jeune romancière raconte dans son journal intime l'attente angoissée du retour de son mari, Robert Antelme. Elle dit également ce qu’elle est prête à faire pour qu’il revienne. Elle est même tentée de séduire un agent français de la Gestapo. Le texte de Duras est un monologue intérieur d'une simplicité tranchante comme la lame d'un couteau.



Emmanuel Finkiel
Image empruntée ici

mercredi 14 mars 2018

KURT GERRON, UN CINÉASTE À THERESIENSTADT


Dans Le dernier des injustes, Claude Lanzmann utilise des images d’archives, ce qui est plutôt rare car cela ne correspond pas à sa conception du documentaire. En l’occurrence, il s’agit d’extraits tirés d’un film réalisé à Theresienstadt où la vie dans le camp est montrée sous un angle idyllique.
Theresienstadt
Image empruntée ici
Theresienstadt, c’est Terezin, une petite ville située à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de Prague, une petite ville connue pour son camp de concentration. Terezin comporte deux forteresses. La plus grande fut transformée en ghetto et la seconde, plus petite, fut convertie en camp de concentration. Il s’agissait en fait d’un « camp-ghetto ».
Ces lieux d’internement ont fonctionné pendant trois ans et demi, du 24 novembre 1941 au 9 mai 1945.
« C’est le 20 janvier 1942, lors de la conférence de Wannsee, que le double statut de Theresienstadt — camp de transit pour les Juifs du Protectorat de Bohême-Moravie et ghetto pour les Juifs du Reich âgés de plus de 65 ans (Ältersghetto), où ils pourront s’éteindre d’eux-mêmes, et pour les Prominenten (personnalités renommées), —, est officialisé. À partir de 1943, les « cas particuliers » des lois de Nuremberg (mariages mixtes, « demi-Juifs » issus d’un parent non juif, etc.) peuvent y être envoyés. Le camp de Theresienstadt — où la correspondance écrite avec l’extérieur sera encouragée tout en étant rigoureusement surveillée, voire manipulée — est donc conçu par Heydrich pour répondre aux interrogations de l’opinion publique sur le traitement des Juifs dans les camps. »

Source : Wikipedia


Image empruntée ici

mardi 27 février 2018

CÉRÉMONIE À GOLFE-JUAN : LA GRATITUDE DE LA FAMILLE FEIBUSCH

Ceux et celles d'entre vous qui suivent ce blog, et nos actions, se souviennent encore de notre dernière cérémonie, qui a eu lieu à Golfe-Juan le 6 octobre dernier. Vous en trouverez le lien un peu plus loin. 



Grâce à ce blog, précisément, et au petit miracle de la Toile, Sammy Feibusch, le fils d'un des six déportés dont le nom figure sur cette plaque – Arnold Feibusch, alias Jean Feuillet –, a pu nous contacter. 

Sammy effectuait des recherches pour sa propre fille, qui devait partir en Pologne avec sa classe, et il se demandait s'il y avait, par hasard, quelque part, de nouvelles informations concernant son père, revenu d'Auschwitz et de Bergen-Belsen, et décédé en 1982. 

jeudi 15 février 2018

CLAUDE LANZMANN, LE GARDIEN FAROUCHE DE LA MÉMOIRE






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Arte rend hommage au travail 
de Claude Lanzmann
Vous avez pu voir sur Arte cinq films qui sont dans la continuité du monumental travail de Claude Lanzmann, Shoah (1985). Ainsi, en janvier dernier, la chaîne diffusait quatre films en deux soirées faisant partie d’un corpus intitulé Les Quatre sœurs. Il s’agit du longs témoignages recueillis lors du tournage de Shoah. La première soirée s’est terminée par la diffusion d’un film sorti en 2013, Le Dernier des Injustes, titre mystérieux qui s’inspire du titre du roman d’André Schwarz-Bart, Le dernier des justes, prix Goncourt 1959. Il s'agit d'un entretien avec le rabbin Murmelstein, le dernier président du conseil juif du ghetto de Theresienstadt, le seul « doyen » des Juifs à ne pas avoir été assassiné. 
Claude Lanzmann, rugueux et déterminé



Image empruntée ici
Claude Lanzmann est un monument. Je veux dire par là qu’il est monumental autant par sa présence que par l’ampleur de son travail. Au fil des années, il s’est statufié, son visage, au relief tourmenté semble fait de granit. Il aurait été un modèle parfait pour Rodin. Il promène une silhouette massive qui résiste aux attaques du temps. Son écorce rugueuse et sa voix grave incarnent le refus de l’oubli. Il inspire du respect et souvent de la crainte tant il peut être péremptoire, excessif, irascible et même parfois injuste dans ses affirmations. Il a la dureté du roc, la solidité d’un arbre fermement ancré dans ses convictions. « Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là », pourrait-il dire à l’instar de Victor Hugo.
Il est né à Paris en 1925. C’est un baroudeur – résistant à 18 ans, directeur de la revue Les Temps modernes. Cinéaste mondialement connu pour Shoah (1985), il a inventé un genre et a bousculé l’approche documentariste. Il scrute les visages, il révèle les non-dits, il fait surgir l’émotion, il traque l’hypocrisie, il rend visible l’invisible. D’autres films ont suivi : Pourquoi Israël (1973), Tsahal (1994), Sobibor, 14 octobre 1943, 16 heures (2001), Le Rapport Karski (2010), Le Dernier des injustes (2013). En 2009, il a publié le livre de sa vie, Le Lièvre de Patagonie, un livre où on le suit à la trace au gré des rencontres qui l’ont formé, notamment sa rencontre avec Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. C’est le livre d’une vie, le livre de plusieurs vies tant le bourlingueur a roulé sa bosse.