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vendredi 28 octobre 2022

HERBERT TRAUBE & CLARA LAURENT. LE FILM.






L'AMEJDAM a eu l'honneur et le plaisir de participer à la soirée unique de présentation du film documentaire de Clara Laurent sur Herbert Traube "Le destin français d'un indésirable". Ce documentaire retrace en 1 heure 30 le parcours exceptionnel d'Herbert Traube, qui a notamment échappé à la déportation en sautant par la lucarne d'un wagon, puis finalement réussi à intégrer la Légion Étrangère pour combattre les nazis, grâce à de rocambolesques concours de circonstances, initiés, il faut le dire, par son intelligence et sa phénoménale capacité d'adaptation !

Ceux et celles d'entre vous qui n'ont pas pu assister à cette soirée exceptionnelle – à la suite de laquelle Herbert Traube et la jeune réalisatrice de ce film, Clara Laurent, ont répondu aux questions et remarques de la salle (comble ce soir-là au cinéma Jean-Paul Belmondo, ex-Mercury) – pourront, nous l'espérons, en guetter ailleurs une prochaine projection, en attendant qu'une chaîne de télévision avisée l'achète et le diffuse à son tour. 

Le parcours incroyable de ce héros peu ordinaire a ébloui les spectateurs présents, autant que ses réponses percutantes et pertinentes à leurs questions. 

Plutôt que de vous les détailler ici, nous vous renvoyons à cet article paru lors de la sortie de son livre autobiographique, ICI. 



Et, pour compléter vos connaissances sur le "making of" du film, écoutez aussi l'interview que nous a accordée la réalisatrice, Clara Laurent, toujours dans le cadre de notre émission "Au nom des enfants". Ce sera LÀ. 

Pour clore, un article de Nice-Matin à son sujet, et quelques photos, ci-dessous, des privilégiées de l'AMEJDAM qui ont pu  figurer à ses côtés ce soir-là ! 




Herbert Traube et Clara Laurent, la réalisatrice de ce documentaire



Herbert Traube en compagnie 
de notre Présidente, Michèle Merowka, 
et de la rédactrice de ce billet, à gauche 


Bonnes découvertes, à bientôt sur ce blog, et n'oubliez pas de nous suivre aussi sur RCN !


DERNIÈRE MINUTE : SUR LE SITE DE CLARA LAURENT, VOUS POURREZ DÉCOUVRIR LES DATES À VENIR DE PROJECTION DE CE FILM. 

 

lundi 10 octobre 2022

MICHÈLE MEROWKA : UNE RÉCOMPENSE MÉRITÉE

 Le 30 septembre dernier a eu lieu une cérémonie particulièrement importante et émouvante pour tous les membres de notre association, puisque a été remis ce jour-là, à la Villa Masséna, à Nice, l'insigne de "Chevalier dans l'Ordre National du Mérite". 




Cette récompense lui a été remise par Serge Klarsfeld, en présence de Christian Estrosi, le maire de Nice, de Beate Klarsfeld, des membres de sa famille proche, et d'une nombreuse assemblée. Inutile de dire que ce fut une magnifique cérémonie, très émouvante, au cours de laquelle les discours prononcés ont été pertinents et percutants. 







Pour rappel : 

Après la Légion d'Honneur, l'Ordre National du Mérite est le second ordre national visant à honorer des citoyens français. Il récompense les mérites distingués acquis soit dans une fonction publique, civile ou militaire, soit dans l'exercice d'une activité privée. Vous ne pouvez pas en faire la demande vous-même : il faut être proposé par quelqu'un d'autre. L'Ordre National du Mérite se compose de Chevaliers, Officiers, Commandeurs, 
puis Grands Officiers et Grand-Croix. 

En l'occurence, c'est notre trésorier, Serge Binsztok, qui en a fait la demande pour Michèle Merowka. Belle initiative, merci à lui !
















Michèle elle-même a ensuite prononcé un discours de remerciement qui nous a tous émus. 




Michèle remercie Christian Estrosi, sous le regard attentif 
de Serge Binsztok et de son épouse Élise




Cet événement majeur honore également le travail de tous les membres de l'association, car Michèle a tenu à souligner que nous constituons depuis les débuts une équipe à laquelle chacun et chacune apporte sa petite pierre. Nous lui en sommes tous reconnaissants.  



Pour plus de détails personnels, nous vous engageons à cliquer sur ce lien, qui renvoie à l'interview menée sur RCN 89.3 par ses ... acolytes, au cours de laquelle Michèle a détaillé les points essentiels de son travail pour l'AMEJDAM. 

Ce sera par ICI. 



Merci aussi à tous les photographes qui ont bien voulu nous confier leurs précieuses images. 

vendredi 7 octobre 2022

ACTUALITÉ RÉCENTE

CE MOIS-CI, NOUS AVONS VÉCU QUELQUES ÉVÉNEMENTS IMPORTANTS POUR NOTRE ASSOCIATION 


-– Le 22 septembre dernier, nous avons reçu, sur l'antenne de RCN 89.3, dans le cadre de notre émission hebdomadaire AU NOM DES ENFANTS, Élise et Serge Binsztok, tous deux membres essentiels du bureau de notre association. 


Ils sont venus évoquer, pour nos auditeurs et auditrices, leur passé d'enfants cachés pendant l'Occupation. Leurs frayeurs, leur douleur, mais aussi leur vie d'enfants presque normaux, malgré la menace omniprésente. Tous deux en sont sortis physiquement indemnes et sont devenus de très belles personnes, que nous sommes fiers et honorés de connaître. Merci à eux d'avoir eu le courage de venir revivre à l'antenne ces moments difficiles de leur longue vie. 

Vous pouvez ré-écouter leur témoignage en cliquant ICI. 

* * * * *

– Nous avons également interviewé, le 29 septembre, le musicien Maurice Vinitzki, qui vient de publier un livre, co-écrit avec Christian Zerri : SAUVÉS PAR LA MUSIQUE, aux éditions Ovadia, dans la collection Atmosphère. Il y raconte l'épopée musicale étonnante de toute sa famille, et la manière dont en effet, la musique leur a sauvé la vie...




Vous pouvez réécouter son témoignage en cliquant ICI. Il nous a tenus en haleine pendant les 30 minutes de l'émission, et même au delà.

* * * * *

– Le même jour, nous avons assisté, grâce au FSJU, à l'avant-première du film SIMONE, LE VOYAGE DU SIÈCLE. Un film d'Olivier Dahan, dont nous avons longuement parlé sur RCN le 6 octobre dernier : Ce sera par LÀ.





Un très beau film, 

présenté avec émotion à un public de scolaires

et de membres de "Passerelles", par 

Stéphanie Assor-Lardant, du FSJU

et Michèle Merowka


– À voir également (et rapidement) sur les écrans niçois : BABI YAR.  CONTEXTE. 




C'est-là un film documentaire néerlando-ukrainien, de Serge Loznitza, qui a reçu de nombreuses récompenses, au Festival de Cannes et ailleurs dans le monde. 

Il est intéressant, en cette période de guerre en Ukraine, de voir ces images, qui évoquent notamment le massacre de Babi Yar et le pogrom de Lviv, perpétrés en 1941. Il s'agit-là d'un documentaire sobre, majoritairement en noir et blanc, empreint de silence, car dénué de tout commentaire en voix off, mais dont la bande son a été magistralement retravaillée. Seuls des cartons très simples donnent des informations sur le contexte. Le film donne à penser que les Ukrainiens dans leur majorité ont accueilli les Nazis avec enthousiasme, par rejet pur et simple des communistes, et que tous ont participé à l'extermination des Juifs... Une position qui est toutefois controversée par de nombreux contemporains, qui rappellent que l'Ukraine compte l'un des plus grand nombre de "Justes Parmi les Nations", soit plus de 2600, et que le sentiment antisémite y est, paraît-il l'un des plus faibles au monde*. 

Il n'en reste pas moins que ce film est extrêmement intéressant, sans jamais être complaisant, et qu'il informe les moins avertis de ce que fut la "Shoah par balles", que le Père Desbois fait connaître dans le monde depuis de nombreuses années. 

Rappelons à ce propos que Babi Yar ne fut pas le seul lieu de massacre en masse, puisque de nombreuses fosses communes ont été découvertes grâce à ce prêtre, un peu partout en Ukraine.  Un film à voir, et à faire connaître, quelles que soient les polémiques qui l'accompagnent. 


* * * * *

– Le 30 septembre, nous avons eu l'immense plaisir d'assister à la remise de la Médaille du Mérite à notre Présidente, Michèle Merowka. Un billet complet lui sera consacré, qui inclura une interview sur RCN, donc revenez vite sur ce blog !





*Lire notamment à ce sujet l'article des Cahiers du Cinéma qui nous a éclairés sur le contexte. ce sera par ICI. 



mardi 30 août 2022

OPIO 2022

UNE ÉMOUVANTE CÉRÉMONIE 

CE 24 AOÛT, À OPIO 


Les lecteurs et lectrices de ce blog connaissent bien à présent l'état de nos recherches sur les 5 membres de la famille Bocobza qui ont été arrêtés à Opio le 23 décembre 1943, et déportés sans retour... Pour rappel, vous pouvez cliquer sur ce lien si votre mémoire flanche un peu, et ensuite sur les liens qu'il contient, car c'est une enquête qui a eu de nombreux rebondissements !

Comme chaque année depuis 4 ans, et en présence de nombreux membres de notre association, nous avons donc déposé une gerbe de fleurs devant la plaque, tandis que M. Thierry Occelli, le maire d'Opio, et sa première adjointe y déposaient chacun une pierre, en signe de respect pour les traditions juives. Après quelques mots d'hommage et  de remerciement de notre Présidente, M. Occelli a  souligné l'implication de son village dans le rappel de ce tragique épisode. 

Photo ©Suzanne Beer

    Photo ©Jacques Lefebvre-Linetzky

Mais cette année, Monsieur le Maire nous a réservé une surprise : il a obtenu de Mme Veronika Fiala-Feurstein, la propriétaire actuelle du Castillo, qu'elle permette à notre groupe de visiter le jardin de sa propriété, dont on se souvient qu'elle avait appartenu à Mme Elisabeth Starr, une Américaine dévouée à la cause des Résistants, qui avait également aidé des soldats de la Première Guerre mondiale. Elle avait commencé à cacher des enfants juifs, et a tellement aidé les autres, en général, qu'elle en est morte de malnutrition, en 1942. 


Ci-dessus, un document exceptionnel que m'a confié Mme Maureen Emerson. Cette carte postale lui a été envoyée par la famille d'une femme qui avait servi avec Elisabeth Starr pendant la Première Guerre mondiale. Elisabeth avait noté, de son écriture si reconnaissable :
"Fermière un jour, fermière toujours" ! 
Il semblerait que c'est la seule fois, depuis la guerre, qu'elle apparaissait revêtue d'une jupe ! 
(Propos rédigés par Maureen Emerson)

On voit bien sur la photo ci-dessus l'état assez sommaire du Castello à l'époque, et le fait que le jardin ressemblait à celui d'une ferme. Ce n'est plus le cas actuellement !



Photos ©Jacques Lefebvre-Linetzky

C'est à la Bastide, une autre maison proche, que résidait la famille Perles, qui fut sauvée grâce à Robert Bocobza. Celui-ci avait couru depuis la Villa San Peyre, cavalant à travers les restanques pour avertir les Perles de l'arrivée des sinistres Citroën, dites 'tractions avant', et des miliciens qui allaient les arrêter. 

On comprend, sur les images ci-dessous, la position dominante des maisons de cette allée qui longe les restanques maintenant plantées de magnifiques oliviers. À l'époque on y cultivait de quoi subvenir aux besoins des habitants des quatre maisons de San Peyre.

Photo ©Cathie Fidler 

Photo ©Jacques Lefebvre-Linetzky

Nous avons pu imaginer la paix relative dont ont joui ces réfugiés, et nous nous sommes tous fait la réflexion que leurs derniers mois avaient dû être bien paisibles, malgré l'angoisse sous-jacente, et le danger permanent d'une arrestation.


Photo ©Suzanne Beer

Mme Veronika Fiala-Feurstein, entre notre présidente, 
Michèle Merowka (à droite) et Cathie Fidler


Un sympathique apéritif a ensuite été servi en cet endroit spectaculaire aux nombreux membres de l'AMEJDAM qui étaient présents, parfois venus de loin, et ce,  grâce à  M. le Maire et à son équipe. 

Pour clore, nous informons nos lecteurs assidus (et les autres) qu'un membre de la famille Bocobza nous a contactés l'an dernier, Robert ayant eu des descendants. 

À présent, un lieu de recueillement les attend à Opio, et c'est cela qui compte pour nous. Notre travail de mémoire est achevé. Cette histoire appartient désormais aussi à la Ville d'Opio, ainsi que l'a dit M. le Maire le matin, et également lors de la cérémonie dédiée à la Libération du Pays Grassois, qui a eu lieu le même jour à 18:30. Ceci est particulièrement important pour nous, et nous l'en remercions vivement. 

L'AMEJDAM est donc très satisfaite de cet épilogue, et d'avoir contribué, ainsi que le veut sa vocation, à la pérennité de la mémoire.  


POUR NE PAS LES OUBLIER 


* * * * * *


Ci-dessous le texte de la courte allocution que j'ai prononcée lors du dépôt de notre gerbe : 

Voilà, c’est la 4ème année que nous nous réunissons ici pour honorer la mémoire des 5 membres de cette famille Bocobza qui ont été arrêtés dans ce village et déportés sans retour. Je ne reviendrai pas sur le détail de cette tragique histoire, mais rappellerai juste qu’ils étaient venus de Marseille où le père était épicier, pour se réfugier ici. Hélas ils y ont été arrêtés en décembre 1943, à la villa San Peyre… là-haut sur la colline … Le plus jeune fils n’avait pas 18 ans et il était handicapé physiquement, partiellement paralysé, suite à la polio. Seuls ont survécu la maman qui était catholique, et un autre fils, Robert qui s’était échappé à temps pour prévenir une autre famille juive réfugiée un peu plus loin : grâce à lui ses membres ont survécu à cette tragédie. Chaque année nous honorons ici la mémoire de ces déportés et postons sur notre blog ce que nous avons découvert. L’an dernier nous avons finalement été contactés par une descendante de Robert, qui avait survécu. Nous espérons que cette plaque pourra servir de lieu de mémoire à cette famille ainsi qu’à tous les habitants d’Opio, dont bon nombre sont les descendants des villageois témoins de cette époque si tragique. C’est pour eux tous que cette plaque existe en ce lieu, afin de rappeler à quoi mènent les fanatismes. Je voudrais aussi rajouter une pensée reconnaissante pour Elisabeth Starr, qui repose ici à Opio : cette Américaine très francophile protégea les résistants et se dévoua à la cause des enfants juifs cachés. 

Merci, Monsieur le maire, d’avoir accompagné notre travail et permis à vos administrés de continuer à honorer ici la mémoire de ces déportés. Leur histoire fait aussi partie de la vôtre. Que leur souvenir soit source de paix et de fraternité. Je vous remercie. 


Cathie Fidler




mercredi 30 mars 2022

CONFÉRENCE DE SERGE KLARSFELD À NICE

NOUS SOMMES HEUREUX DE DIFFUSER CETTE INFORMATION IMPORTANTE POUR NOTRE ASSOCIATION.

SERGE KLARSFELD SERA À NICE LE 4 AVRIL PROCHAIN, NOUS VOUS INVITONS DONC À VOUS INSCRIRE À LA CONFÉRENCE QU'IL Y DONNERA, AU CUM. CE SERA À 19:30. 

VENEZ-Y NOMBREUX, EN VOUS Y INSCRIVANT : LIRE LES DÉTAILS À CE SUJET EN BAS DE L'AFFICHE.  



Dans le cadre d’un cycle de conférences 

contre la  falsification de l’histoire,

le Mémorial de la Shoah 

a le plaisir de vous convier à la conférence :

« L’histoire de Vichy et la

persécution des Juifs en France »

Par Serge Klarsfeld

Lundi 4 avril 2022 à 19h30

Au Centre universitaire méditerranéen

65 Promenade des Anglais, 06000 Nice

Entrée gratuite sur réservation dans la limite des places disponibles :

Par mail : evenements@memorialdelashoah.org

Par téléphone : 01 53 01 17 99

mercredi 16 février 2022

NOS PODCASTS SUR RCN 89.3



 

AU COURS DES DERNIÈRES SEMAINES, NOUS AVONS EU LE PLAISIR, ET L'HONNEUR, D'INTERVIEWER PLUSIEURS PERSONNES DONT LE TÉMOIGNAGE EST PRÉCIEUX À DIVERS ÉGARDS. 

Tout d'abord, notre présidente, Michèle Merowka a reçu Rachel Jedinak, auteur d'un livre aussi poignant qu'instructif : "Nous étions seulement des enfants" (Éd. Fayard, 2018). 



Rachel est une "enfant cachée", orpheline de la Shoah. Ses parents ont tous deux été déportés : d'abord son père, puis sa mère qui a sauvé la vie de ses deux filles, en giflant Rachel qui ne voulait pas la quitter au Vélodrome d'Hiver, alors qu'elle en avait la possibilité. Bien plus tard, Rachel a milité avec les FFDJ et fait partie des fondateurs parisiens des AMEDJ parisiennes (dont notre association est issue), afin que perdure la mémoire des enfants juifs déportés et assassinés à Auschwitz. Elle fait partie des derniers "grands témoins". Nous avons été très honorés qu'elle nous accorde cette entrevue, que vous pouvez écouter ici, si vous l'avez manquée. 


Ensuite, Michèle a interviewé Pierre Lellouch et Heidi, son épouse. Pierre, un enfant de la Shoah, a longuement évoqué le douloureux parcours de ses parents, tous deux cinéastes, ainsi que le sien propre. Des itinéraires composés de "tranches de vie" toutes aussi émouvantes les unes que les autres. 

Vous pouvez cliquer ici, et là, pour les écouter. 


Le 3 février dernier, nous avons, Jacques Lefebvre-Linetzky et moi-même, interviewé Guillaume Christophe-Huart qui mène une enquête passionnante sur la famille Gerenstein, qui avait vécu 38 rue Ramey (18èmearrondissement), à Paris, dans l'appartement même où il vit à présent. Guillaume nous a raconté ses recherches, son projet mémoriel, et aussi ce qu'il a découvert sur les Gerenstein. Rappelons que les deux enfants Maurice (né à Paris en 1931) et Liliane (née à Nice en 1933) ont été ensuite déportés de la Maison d'Izieu. Leurs parents, arrêtés à Evian-Les-Bains, où leur père se produisait comme musicien,   avaient déjà été déportés. Seul le père, Chapse-Alexandre, revint d'Auschwitz, où son épouse Chendla fut assassinée dès son arrivée. Une histoire plus que tragique, bien sût, comme tant d'autres, mais le travail de Guillaume est absolument renversant. 

Vous pouvez cliquer ici pour écouter cette émission. 


Et puis, plus récemment, nous avons eu le grand honneur d'interviewer Anne Berest, l'auteure (entre autres) de LA CARTE POSTALE (publié chez Grasset), un roman qui a notamment reçu le Prix Renaudot des Lycéens. C'est une histoire passionnante, dont elle révèle à l'antenne la genèse, et les divers aspects de son travail d'écriture. Ses réponses circonstanciées éclairent le roman de manière très personnelle, et elles nous ont beaucoup émus. Nous vous engageons vivement à le lire, vous verrez qu'il ne vous quittera pas de sitôt. 

Vous pouvez cliquer ici pour écouter Anne Berest. 



Prenez votre temps, écoutez tout cela, et rejoignez-nous bientôt sur RCN 89.3 ; c'est chaque jeudi à 17:00.  Toutes nos émissions sont à retrouver en podcast,  ICI. 

NB. En direct, nous vous réservons encore quelques surprises... 


* * * * * * 

 

Rédaction de ce billet : Cathie Fidler

samedi 11 septembre 2021

LA LIBÉRATION DE NICE - 27/28 AOÛT 1944

UN BILLET À CONSERVER, ET À PARTAGER 

Le 27 août dernier l'AMEJDAM était présente à la cérémonie qui se tient traditionnellement devant le Palais Stella, boulevard de Cessole, à Nice – le lieu où la décision fut prise en ce même jour de 1944, par des Niçois courageux et déterminés, de libérer leur ville, avant même l'arrivée des Américains.

Afin de ne pas oublier les martyrs niçois qui moururent ces jours-là, leurs parcours respectifs sont retracés dans ce livre-là, dont nous vous recommandons vivement la lecture : 




    Auteurs :  

4ème de couverture :


Ce 29 août 1944, la ville de Nice s'éveille dans le calme de ses rues lourdes de chaleur et de silence. Quelques rares coups de feu tirés par des patriotes toujours présents sur leur lieu de combat rappellent qu'hier, la ville se soulevait pour chasser l'occupant allemand.

Dans l'après-midi, les patrouilles américaines du 551e Parachute Infantry Battalion sont acclamées par la foule. C'est l'aveuglement collectif d'une population qui oublie ses libérateurs : les résistants et les combattants niçois de la journée du 28 août 1944. Avec leur courage et la rage de vaincre, menés par des chefs de grande bravoure, seuls, ils ont libéré leur ville. Les Américains ont été fêtés pendant que les combattants découvrent leurs blessés et leurs martyrs, ils sont 34 !


* * * * * 

 
Ci-dessous, vous pourrez à présent lire le discours prononcé ce jour-là par Michel Goury, en présence du Professeur Jean-Louis Panicacci, de M. Jean-Marc Giaume, de nombreux membres de l'Association du Musée de la Résistance Azuréenne, et d'élus locaux. Ce texte est précieux, car il retrace la chronologie de cet événement, en répondant aux questions que nous pouvons encore nous poser quant à  son déroulement.  





Palais Stella, 27 août 2021

 

"Août 1944, la France recouvre sa liberté. Après deux jours de combats, Paris gagne sa bataille les 25 et 26. Le 27 août, les affrontements armés s’achèvent à Toulon. À Marseille, les luttes farouches commencées le 20 août conduisent à la reddition des Allemands le 28 août.

 

Ce 28 août 1944, Nice s’insurge et prend les armes contre un occupant prêt à quitter la ville. La ville, délaissée du soutien des soldats Américains, est alors abandonnée aux seuls courage et témérité de ses résistants.

Nous pouvons cependant nous interroger : quels sont les hommes à l’origine de cette journée insurrectionnelle ? Les acteurs de cette page d’histoire ont témoigné et les historiens ont compulsé les archives déclassifiées.


Qui a pris l’initiative de lancer l’insurrection niçoise ?


Rappelons d’abord que depuis le 9 novembre 1943, la capitale de la France combattante n’est plus Londres, mais Alger qui accueille le Gouvernement provisoire de la République française et le Comité français de la Libération nationale (CFLN).

En cette année 1944, certains savent le débarquement proche et pensent déjà à l’après libération, rejetant l’idée d’être administrés par les Alliés. 

C’est alors le temps des rivalités politiques, des ambitions personnelles et souvent divergentes des militants et des chefs. 

 

Le jeudi 24 août 1944, une organisation insurrectionnelle est créée à l’initiative du Parti communiste français et des Francs-tireurs et partisans. Elle portera le nom de Comité insurrectionnel. Les hommes qui le composent n’ont pas l’agrément des responsables d’Alger opposés à tout combat et mouvement populaire dans les villes. Néanmoins, ils se réuniront à plusieurs reprises pour décider des actions à mener.

Le lieu des rencontres ? Le Palais Stella, 20 boulevard de Cessole, ici-même. 

 

Qui sont-ils ?


René Houat alias Duchêne, Morin alias Bernardet, Pierre Durand alias commandant Georges, tous appartiennent au Parti communiste.

 

Philippe Giovannini alias commandant Souny, Jean Calsamiglia alias Jean-sans-peur et René Canta chef du groupe René relèvent des Francs-tireurs et partisans français. 

 

Alfredo Gambassi alias Ludovic fait partie des FTP-Main-d’Œuvre Immigrée.

Charles Andrieux alias Thibaud représente la CGT et Jean Allavena alias Armand est rattaché aux Milices patriotiques des entreprises. 

 

Tous ont refusé d’être asservis à l’État-français, tous ont bravé les occupants italiens et allemands.


Ces neuf résistants vont ainsi se réunir pour donner vie au mot liberté. 

 

Le Comité insurrectionnel s’organise immédiatement.

René Houat en est le président. Sa fonction de responsable départemental du PCF justifie son rôle de "politique" au sein du comité insurrectionnel qui doit également se définir comme une organisation à vocation militaire.

Un état-major FTP placé sous le commandement du commandant Souny, secondé par Jean-sans-peur, élargit alors le champ opérationnel de ce comité en lui donnant un rôle  "militaire".

 

Quelle date retenir pour déclencher les opérations de combat ?

 

Il faut d’abord apprécier la situation, puis définir l’organisation des actions de combat, enfin, avancer une date et une heure prévisionnelles des opérations.

 

La décision irrévocable des FTP-MOI d’investir les rues de Nice dès le 28 août oblige les membres du comité insurrectionnel à accepter cette date. 

 

L’état-major FTP propose alors aux membres du comité insurrectionnel un plan qui est longuement étudié et détaillé avant d’être accepté par tous.

 

Le déclenchement des opérations est fixé pour le 28 août.

 

Une nouvelle réunion est prévue pour le 27 août. 

 

Dimanche 27 août 1944, depuis les berges du Loup, les Américains reprennent leur lente progression vers le Var. Ils semblent vouloir délaisser Nice et René Houat le sait depuis la veille, informé par l’Antibois Jean Orbello. Dorénavant, la ville doit se reposer sur le courage de ses habitants et sur la pugnacité de ses patriotes ; elle a foi en la clairvoyance de l’état-major insurrectionnel niçois. Paris, Marseille, Toulouse, Toulon, villes libérées. 

 

Alors pourquoi ne pas espérer, Nice libre ?


Ce même jour, dimanche 27 août 1944 dans la matinée, au 8eétage du Palais Stella,une première réunion de l’état-major FTPF du comité insurrectionnelfixe de façon décisive les objectifs et l’heure du soulèvement. 

Un climat insurrectionnel voit ainsi le jour au cours des prises de décisions successives.

 

En fin d’après-midi, une seconde réunion se tient en ce même lieu. L’état-major FTPF lance le mot d’ordre de lutte ouverte contre les Allemands pour le lendemain, lundi 28 août à 6 h du matin, les principaux points d’appui à tenir et objectifs ont été désignés.

 

Quels sont les objectifs fixés pour libérer Nice ?


Le plan d’opération est arrêté, s’appuyant sur la détermination de la Résistance et de la population à vouloir se libérer par ses propres moyens. L’état-major est conscient que le succès dépendra essentiellement de la soudaineté de l’attaque sur tous les points spécifiés de la ville. Il faut créer la surprise et le désarroi chez l’occupant. Il s’agit de faire naître l’affolement et d’inspirer la peur chez le soldat allemand pour mieux le combattre. 

L’essentiel du plan, tel que rapporté par le commandant Souny, comporte plusieurs points : 

« - […] protection à tout prix des installations et équipements collectifs contre toute tentative de destruction par l’ennemi.

 

- Occupation avant 6 heures de toutes les voies de pénétrations et carrefours ;

 

- préparer les embuscades, récupérer armes, munitions et matériels à utiliser immédiatement contre l’ennemi. 

 

- organisation systématique des patrouilles et embuscades ;

 

 Éviter de s’attaquer aux blockhaus tant que l’armement ne le permet pas.

 

- Par proclamation écrite et haut-parleurs, appeler la population à soutenir l’action des patriotes pour prendre part aux combats libérateurs. »

 

Le plan opérationnel se transforme alors en ordre d’opération. L’insurrection s’organise sans attendre dans l’après-midi. 

 

18 heures 20. Un compte rendu de la Feldkommandantur 994 de Nice rapporte que la Moyenne corniche est occupée par des terroristes. À la suite de ce renseignement, les Allemands informent la Préfecture que l’artillerie va ouvrir le feu sur ces "bandits".

 

19 heures. La décision du comité insurrectionnel fait l’objet d’un communiqué aux organisations militaires de la mouvance gaulliste, à savoir les Corps Francs de la Libération Nationale (CFLN). Celui-ci précise que "Les représentants des CFLN, Milices patriotiques et FTP de la ville de Nice, réunis le 27 août 1944, décident de porter à la connaissance des troupes respectives, à la veille du combat sacré pour la libération, qu’elles ne doivent rivaliser que par l’ardeur dans la lutte contre l’ennemi et combattre au coude à coude fraternel et loyal dans un esprit purement patriotique."

 

20 heures. Le capitaine Paul, du groupe Parent, reçoit le mot d'ordre lancé par les FTPF : Attaquons demain matin 28 courant à 6 heures.[1]

 

Lucien Mercier commandant de la 38e compagnie FTPF reçoit l’ordre de contacter tous ses chefs de détachement pour les prévenir que l’insurrection est prévue pour le 28 août à 6 heures 30 du matin. À 23 heures tous les chefs de détachements sont prêts au combat.

 

Dans la soirée du 27 août, le commandant Souny et Jean-sans-peur se rendent au presbytère de l’hôpital Pasteur où sont hébergés depuis 15 jours sous la protection de l’abbé Perrin, des hommes armés appartenant aux FTP. Au cours de la nuit, les groupes de combat sont constitués en tenant compte de l’importance et de la difficulté des actions à réaliser, chaque groupe étant chargé de missions précises avec objectifs à atteindre dès les premières heures de l’attaque. L’armement peu important est judicieusement réparti[2]. 

 

Signal d’un soulèvement proche, dans la nuit du 27 août, cinq hommes du groupe Bruni coupent une partie des lignes téléphoniques du central que l’ennemi a placé dans le quartier de Cimiez.[3]

 

Demain, 28 août, les hommes de Jean-sans-peur et ceux du groupe René se lanceront vers leurs objectifs respectifs.

 

Demain, les patriotes des Milices patriotiques qui occupent les grandes entreprises niçoises transformeront ces dernières en de véritables forteresses.

 

Les responsables des divers groupes de combat FTP et MOI seront avertis de l’attaque générale.

 

Tous ajustent leur brassard de couleurs, piqué à la machine à coudre, portant cousues les lettres de leur appartenance. 

 

 

À Pasteur, le commandant Souny s’isole dans la cuisine de l’abbé Perrin. Il s’enferme dans sa solitude. Il laisse s’enfuir la nuit, prenant conscience que demain ne sera plus comme avant. 

 

Et les années passèrent.

Pendant cinquante ans Nice s’endormit dans ses souvenirs.

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[1]MRA. Rapport du chef de groupe Paul.

[2]MRA. Compte rendu de la libération de Nice de Philippe Giovannini, alias commandant Souny. Dossier IE

[3]MRA Rapport du groupe Bruni. Il s’agit de Cadowski René, Laboris, Roscian Antoine, Roux Jean et Susini Pierre.

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Ne pas oublier. Le 28 août 1994, la commission jeune du musée de la Résistance azuréenne célébrait pour la première fois devant le Palais Stella la prise de décision du soulèvement de la ville, en présence notamment du Maire de Nice, Monsieur Jean-Paul Baréty et Monsieur Jean-Marc Giaume, alors responsable de la Commission Jeunes du musée de la Résistance, aujourd’hui adjoint au maire.

 

Ne pas oublier les 34 martyrs de la libération. Leurs noms sont gravés dans le marbre des plaques commémoratives. Chaque année, le « circuit de la Mémoire » organisé par la ville de Nice, rend hommage à ces combattants morts pour la France. 

 

Ne pas oublier le devoir de mémoire. Le 20 janvier 1988, quatre anciens résistants créent le musée de la Résistance azuréenne. Au fil des décennies celui-ci s’anime, s’enrichit des objets et archives confiés par les acteurs et témoins de ces années sombres.

Au fil des décennies, historiens et chercheurs compulsent les ouvrages et documents du centre de documentation qui s’ouvre sur notre passé récent.

Un musée qui s’offre aux visiteurs dans une région en mal de site d’histoire contemporaine.

 

Hier, musée de la mémoire de la Résistance.

 

Aujourd’hui, musée incertain de son avenir, locataire d’un local dont le bail n’est plus renouvelé. 

Demain, peut-être, de nouveau l’oubli d’une société détachée de ses valeurs. 

 

Demain espérer. Les 34 martyrs du 28 août 1944 ne mourront pas deux fois.

 

La ville de Nice a cependant pris conscience qu’un pan de son histoire ne doit pas et ne peut pas disparaître."


Michel Goury. 


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L'AMEJDAM, COMME TOUJOURS, S'ASSOCIE À CES MOMENTS D'HOMMAGE ET DE SOUVENIR. 




JL Panicacci & Michel Goury ont

successivement pris la parole






NOUS REMERCIONS TOUS CEUX ET CELLES

QUI ONT PARTICIPÉ À CETTE CÉRÉMONIE, 

ET PRÉSENTONS TOUTES NOS EXCUSES 

AUX NOMBREUSES PERSONNES DONT

 LE NOM N'A PU ÊTRE CITÉ DANS CE BILLET.