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mardi 5 juillet 2016

BEUIL, UNE COMMUNAUTÉ SOLIDAIRE DANS LA TOURMENTE




Michel Remy, le 27 juin 2016, RCN


Michel Remy, professeur émérite des universités, qui réside à Beuil, nous a fait l’amitié de venir nous parler à l’antenne de RCN de son village et des recherches qu’il a entreprises.

Un lieu chargé d’histoire…


Beuil


« Beuil a gagné son indépendance par toute une série d’alliances et de mariages. C’est Louis XIV qui a mis fin à ce statut dans les années 1600. C'est un village  médiéval, il n’y a pratiquement aucun bâtiment moderne. 


Un village médiéval

C’est un village magnifiquement conservé. Depuis que je m’y suis installé, je me suis intéressé à l’histoire de Beuil. Lors d’une exposition que j’avais organisée très récemment sur la Résistance à Beuil où il y avait un maquis très important, j’ai découvert que Beuil avait joué un rôle déterminant dans le sauvetage de nombreuses familles juives. C’est ce qui m’a donné l’idée de développer cette recherche grâce à des témoignages et des entretiens avec les gens du village qui, encore à l’heure actuelle, se souviennent de cette période.


Plaque


mardi 28 juin 2016

EN SOUVENIR DE ROBERT BROUSSKI : DÉVOILEMENT D'UNE PLAQUE À L’ÉCOLE DU PORT


Ce 27 juin 2016, nous avons enfin pu honorer la mémoire d’un jeune déporté juif des Alpes-Maritimes.

Il a déjà été décrit sur ce blog la longue procédure qui précède cet événement : les recherches dans les archives, les vérifications que cela implique, puis la préparation par des professeurs dévoués des élèves de l’établissement concerné, le concours de son directeur (principal ou proviseur) et, last but not least, l’attente du feu vert des autorités, de leur disponibilité dans un calendrier toujours chargé, pour qu’enfin arrive le jour émouvant de ce dévoilement.

En ce qui concerne l’école du Port, située à Nice, Quai Papacino, ce travail a débuté il y a de nombreuses années, impulsé par des membres de l’AMEJDAM, Sylvie Tafani en premier, puis par Maurice Germain, à présent disparu, et Feodor Merowka, l’époux de notre présidente.

Un seul nom y a été retrouvé, celui de Robert Brousski. Un seul. Il est rassurant de penser que tous les autres enfants juifs scolarisés dans cette école (et il y en avait presque une trentaine au patronyme révélateur) ont évité son sort terrible. Et il est émouvant de constater que c’est pour lui, pour lui seul, que s’est déroulée cette cérémonie, sous le soleil de juin, et apaisant de voir son nom enfin gravé dans la pierre, sur une plaque – son ultime tombeau.

lundi 20 juin 2016

MANFRED BOCKELMANN, DESSINER CONTRE L'OUBLI




MAX BOCKELMANN,UN ARTISTE ENGAGÉ


Image empruntée ici

Manfred Bockelmann est né le 1er juillet 1943 à Klagenfurt en Autriche.

(C’est intéressant de le noter, car Klagenfurt, dans la partie sud de l’Autriche, était la petite ville où les Alliés, et notamment la 8ème Armée britannique, s’étaient installés à la fin la guerre. Ils y questionnaient les déportés libérés des camps, et recueillaient leur témoignage). 

C’est un peintre, un photographe et un sculpteur de renommée internationale. Son frère, Udo Jürgens (1934-2014), est un chanteur très populaire qui a remporté le Concours de l’Eurovision en 1966.

Il est né d’une famille plutôt aisée de propriétaires terriens et, pendant la guerre, son père, maire du petit village d’Ottmanach, s’est accommodé au mieux de la situation sans pourtant être un fervent nazi.

Plus tard, à l’adolescence, Manfred Bockelmann cherchera à savoir quel rôle ses parents avaient joué pendant la guerre et il ne sera pas satisfait de leurs réponses évasives.

De 1962 à 1966, il étudie le graphisme et la photographie à Graz, Autriche. En 1966, il décide de s’établir à Munich où il se fait un nom dans le domaine de la photographie et de la publicité.  Dès le début des années 1970, il est reconnu en tant que peintre et photographe. De nombreuses expositions lui sont consacrées ainsi que des ouvrages portant sur son travail. C’est après un voyage en Afrique, au milieu des années 1970, qu’il invente le concept de « peinture du silence » qui sera sa marque de fabrique. Cela consiste en une synthèse entre des paysages peints et des paysages photographiés en de très grands formats proches de l’abstraction. Au fil des années, Bockelmann impose des images d’une beauté épurée. 


Image empruntée ici


dimanche 5 juin 2016

MARCEL NAVARRO, LA PASSION CHEVILLÉE AU CORPS

RUTH NAVARRO TÉMOIGNE À PROPOS DE L’ACTION DE SON PÈRE, MARCEL NAVARRO (1915-1981).


© Jacques Lefebvre-Linetzky


SALONIQUE



Image empruntée ici

Ma famille fait partie de ce qu’on appelle les Juifs de Salonique. Mes ancêtres ont été expulsés au 15e siècle par Isabelle la Catholique et se sont installés à Salonique que l’on appelait, la Jérusalem des Balkans. Mes deux parents y sont nés. Ils ont tous deux quitté Salonique très vite aux alentours des années 1918/1919. Mon père a tout d’abord vécu à Skopje en Yougoslavie – c’est désormais la Macédoine. C’est là qu’il a passé toute sa jeunesse et qu’il a fait ses études. Membre actif des Jeunesses Sionistes, il rêvait de partir pour la Palestine et d’y créer des kibboutz.


PREMIER SÉJOUR EN PALESTINE


Il s’y est donc rendu dans les années trente après quelques péripéties. En effet, comme à l’époque il fallait être marié pour être autorisé à émigrer en Palestine, il a contracté un mariage blanc. Il a crée un kibboutz qui s’appelait Shaar-Haamakim  au nord du pays. Il y est resté environ cinq ans et malheureusement, il a abandonné son rêve à la demande de sa mère qui voulait qu’il rentre en France, à Marseille,  pour mener une vie plus conforme. Aux yeux de sa mère, vivre en Palestine, ce n’était pas le « droit chemin ». Il a travaillé avec des oncles dans le commerce et puis il a rencontré celle qui allait devenir ma mère.

LES ANNÉES DE GUERRE

Mes parents se marient en pleine guerre. Maman disait que les cadeaux qu’on leur avaient fait, c’était essentiellement des boites de sardines. Ils vivaient à Marseille dans un petit appartement. La situation s’est vite aggravée, de nombreux membres de ma famille ont été  dénoncés et déportés. Ils sont partis se cacher dans le Vercors. Personne n’était au courant qu’ils étaient juifs sauf le curé du village et mes parents avaient appris à faire la prière, à se lever quand il fallait à l’église…  Ma sœur est née pendant la guerre dans un petit village du Vercors, à Mens en Vercors. Elle a été appelée Catherine – mes parents se sont dit : « Catherine, suivant à quelle sauce on sera mangé, ça ira… ». Elle a été « faussement » baptisée par le fameux curé du village de Mens.

vendredi 27 mai 2016

ESCAPADE PARISIENNE

Le « réseau Marcel » accueilli à Paris



La Mairie du 3ème arrondissement de Paris a accueilli les « Enfants et amis Abadi » le temps d’un colloque. 



Andrée Poch-Karsenti, présidente de l’Association des Enfants et Amis Abadi a introduit le colloque dont Katy Hazan était la caution historique et la modératrice. Historienne de l’O.S.E, Katy est aussi une référence dans tout ce qui concerne la Résistance juive.

Le fil conducteur de ce colloque était le réseau Marcel, créé à Nice par Moussa Abadi et Odette Rosenstock, grâce au clergé catholique, aux pasteurs, aux maisons d’accueil pour enfants et à quelques particuliers au grand cœur. 

vendredi 6 mai 2016

MILA RACINE, DE MOSCOU À MAUTHAUSEN...


 Sauver les enfants



Image empruntée ici

Mila Racine est née le 14 septembre 1919 à Moscou. Sa famille fuit l’Union Soviétique et se rend en France en 1922. En 1936, Mila obtient son certificat de fin d’études secondaires. En 1942, elle se rend dans les Pyrénées avec sa famille et elle rallie la Résistance. Elle devient assistante sociale dans les camps d’internement du sud de la France, (plus particulièrement à Gurs) où elle déploie une énergie de tous les instants et fournit aux internés des vivres, des vêtements et de couvertures. Elle prend soin des enfants et les place dans des familles d’accueil pour les sauver de la déportation.
À partir de la « Rafle du Vel’d’hiv’ », le 16 juillet 1942, la situation s’aggrave pour la population juive. En 1943, Mila Racine choisit de rejoindre une organisation juive de résistance en Haute-Savoie et devient responsable du groupe de la MJS (Mouvement de la Jeunesse Sioniste) de Saint-Gervais après un passage par Nice où elle s'est occupée de sauver des enfants.


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jeudi 21 avril 2016

HUGUETTE WAHL ET NICOLE WEIL-SALON: DESTINS CROISÉS...




Il y quinze jours, nous recevions à l’antenne de RCN, Tamar Jacobs-Loinger qui a rendu hommage à sa maman, Fanny Loinger. Tamar nous a confié que son deuxième prénom était Huguette, en souvenir d’une amie de Fanny, avec qui elle avait travaillé pendant la guerre.

Cette semaine nous allons donc prolonger notre propos en évoquant Huguette Wahl et Nicole Weil-Salon, qui ont œuvré à l’O.S.E. pour sauver des enfants, et qui ont toutes deux péri dans les chambres à gaz d’Auschwitz en refusant de quitter les petits dont elle avaient la charge.

Marseille au printemps 1940



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Les principaux centres de résidence assignée étaient l’Hôtel du Levant, l’Hôtel Bompard et le Terminus du Port. Ils étaient sous contrôle policier, et ce, dès la fin du printemps 1940. Les internés femmes et enfants étaient dans l’attente d’un visa en vue d’émigrer outre-mer. Les hommes, quant à eux, étaient internés au camp des Milles. C'est à Marseille qu'ils devaient entreprendre les démarches nécessaires qui leur permettraient de s’embarquer et de quitter la France.


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À l'Hôtel du Levant, l'O.S.E. (Œuvre de secours aux enfants) avait établi un centre d'hébergement. Une centaine d’enfants partageaient l'espace avec 80 femmes, alors que l’hôtel n’avait qu’une capacité de 50 personnes.

Initialement, le statut de toutes les femmes logées au Levant était celui d’ «étrangère libre ». Mais en septembre 1941, les hôtels Bompard et Terminus du Port étant  saturés, 50 places au Levant furent réquisitionnées pour y loger des « transitaires » qui venaient d’un camp d’internement, généralement Gurs, Rieucros ou Le Récébédou. La vie dans les hôtels était difficile, mais n’avait rien à voir avec les conditions imposées aux réfugiés emprisonnés dans des camps d'internement.
Georges Garel dans le livre le sauvetage des Enfants par l’O.S.E., s’exprime en ces termes : « les journées dramatiques les longues nuits de criblage, les départs au petit jour en wagons à bestiaux, et toujours et encore, ces cris déchirants » p. 113
Cette équipe s’employait à faire sortir les enfants du camp des Milles où étaient internés les Juifs étrangers, surtout après les rafles d’août 1942, en zone libre.
Le camp fut fermé fin 42, mais Huguette Wahl et Nicole Weil-Salon poursuivirent leur travail de sauvetage.


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